Plusieurs leaders religieux et spirituels ont participé, ce dimanche 17 novembre à Québec, à une rencontre interreligieuse de prière pour la paix. Une initiative qui intervient à l’heure où de nombreuses guerres font rage à travers le monde, à l’image du conflit entre Israël et le Hamas qui dure depuis plus d’un an.
Aux quatre coins de la planète, les guerres s’abattent et divisent les communautés religieuses. Depuis le 7 octobre 2023, les actes islamophobes et antisémites sont en hausse.
« On vit dans un monde décomplexé dans sa violence en règle générale. Malheureusement, en tant que communauté juive, nous sommes exposés à ça et nous ne sommes pas les seuls », regrette Joachim Lahiani, membre de la congrégation Beth Israël Ohev Sholem.
C’est en réponse à cette fragmentation de la société que cette rencontre interreligieuse a été imaginée, dans un esprit d’union entre les religions et les générations.
« La paix, ça touche tout le monde. On est interreliés et il est important de nous réunir, au-delà de nos blessures. On vit sur la même terre et on veut vivre ensemble sur le même territoire », avance Raymond Gros-Louis, représentant du Conseil des sages de la nation huronne-wendat.
« Tous frères et sœurs »
Un à un, les représentants des différentes religions se sont présentés au micro pour réciter une prière en français, en anglais, en hébreu ou encore en arabe. Communautés juive, islamique, bahaïste, bouddhiste, anglicane, et catholique étaient sur place.

(Présence/Hugo Saez)
« Ce que j’en retiendrai, c’est la beauté des discussions avec des gens de tous pays, de toutes confessions, qui ouvrent le cœur, qui ressentent cette fraternité. Ce qui construit la paix, c’est la capacité de se mettre ensemble autour d’une table », expose Joachim Lahiani en faisant référence aux pratiques évoquées par Raymond Gros-Louis au sein de sa communauté.
Selon les personnes interrogées, la bienveillance envers l’autre est un élément fondamental de la quête de la paix que l’on retrouve dans l’essence de la religion.
« Il faut se préoccuper du bien de l’autre. Parce que quand l’autre est bien, ça se ressent chez moi. Si on fait la paix ici à Québec, c’est une paix qui va se ressentir ailleurs. Aujourd’hui, tout le monde ressentait cette nécessité de sentir cette joie, en communiant et en priant ensemble », affirme Boufeldja Benabdallah, cofondateur et porte-parole du Centre culturel islamique de Québec.
Distinguer religion et politique
Les leaders religieux ont également tenu à rappeler que la religion ne devait pas être mêlée à la sphère politique.
« La politique, c’est une chose qui nous dépasse. Ce qui ne nous dépasse pas, c’est que nous sommes ici. On a tous des points communs, une volonté d’amour, de paix et de transmission d’un monde pacifique. On est tous main dans la main, peu importe ce que les gens ou les médias peuvent dire », avance Joachim Lahiani.
Au regard du contexte géopolitique et des tensions qui prospèrent entre les différentes communautés de foi, la religion peut-elle conduire à la paix ou est-ce utopique de penser cela ? « Nous avons la conviction que la paix est possible, illuminée de la lumière de la providence. Il faut apprendre à chérir les autres, à être vivant. Dans toute notre belle diversité, notre Église n’est pas au centre mais avec les autres. Nous apportons chacun notre contribution au devenir de ce monde », répond le cardinal Gérald Cyprien Lacroix.
Héritage pour la jeunesse
Cette prière interreligieuse est aussi l’occasion pour les différents regroupements religieux d’adresser un message d’espoir aux générations futures. « Ce qu’on est en train de bâtir, c’est pour eux. Il faut qu’ils sachent que les anciens ne les ont pas délaissés avec leurs problèmes. Cette Terre nourricière, on ne la protège pas uniquement pour nous: ce sont eux qui vont vivre plus longtemps que nous », énonce Boufeldja Benabdallah en soutenant qu’il serait pertinent de reproduire ce genre d’événement à l’avenir.
















































