Dans la soirée du samedi 10 octobre, plusieurs lieux de culte du Vieux-Québec ont ouvert leurs portes dans le cadre de la troisième édition de la Nuit des clochers. Entre chants religieux, secrets patrimoniaux et intermèdes musicaux : immersion au cœur de ce parcours qui invite les visiteurs à découvrir ces espaces autrement.
C’est en 2024, à l’occasion du 350ème anniversaire du Diocèse de Québec, que la Nuit des clochers s’est invitée à l’intérieur des fortifications de la vieille capitale pour la première fois. «Ça existe en Europe depuis un certain temps et c’est une sorte de portes ouvertes, le soir. L’idée, c’est que les gens puissent oser entrer dans ces bâtiments devant lesquels ils passent parfois chaque jour», expose Valérie Roberge-Dion, directrice des communications du diocèse de Québec. «Puis dans le cas du Vieux-Québec, il y a plusieurs de ces chapelles qui sont situées hors des axes les plus fréquentés et on ne sait même pas qu’elles existent. J’ai passé des années sans connaître les Augustines cachées dans la rue derrière», confie-t-elle.
Les anglicans et l’Église Unie du Canada se joignent à l’événement
Deux nouveaux sites s’inscrivent sur la programmation de l’édition 2026: la cathédrale anglicane Holy Trinity ainsi que l’église Chalmers-Wesley de l’Église Unie du Canada. Lorsqu’il a pris connaissance de l’existence de la Nuit des clochers l’année passée, Mgr Bruce Myers, évêque du diocèse anglican de Québec, a contacté les responsables pour demander s’il était possible de se joindre à eux. «La réponse a immédiatement été oui, puis après ça ce sont nos amis de l’Église Unie qui ont été approchés. C’est vraiment un événement œcuménique», relate ce dernier.
La Chapelle des Ursulines, l’église historique du Monastère des Augustines, la Chapelle des Jésuites et la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec sont les autres sites qui figurent sur le parcours piéton de la soirée.

Une atmosphère décontractée et accueillante
C’est sur le parvis de la cathédrale Holy Trinity que nous retrouvons Mgr Bruce Myers, à quelques dizaines de minutes du coup d’envoi des activités. Pendant que les bénévoles s’attellent aux préparatifs de dernière minute, il balaye du regard les rues avoisinantes avec une certaine fébrilité. «C’est toujours un plaisir pour nous de garder nos portes ouvertes. Ce soir, ce n’est pas une liturgie. On va présenter nos traditions dans une atmosphère décontractée et accueillante. Entrer dans une église pour la première fois, prendre place dans les bancs: ça peut être intimidant. Là, c’est beaucoup plus informel», met en avant l’évêque du diocèse anglican de Québec.
Questionné sur l’activité à ne pas manquer au cours de la soirée, il évoque entre autres la sonnerie manuelle des cloches par une équipe de bénévoles, à la force des bras. «Ce n’est pas automatisé, c’est dans l’ancien style. C’est quelque chose d’unique à Québec parmi les églises en ville», précise Mgr Myers en tirant son chapeau aux sonneurs en place.

Les mélodies comme moyen d’expression
Nous poursuivons notre visite en prenant la direction de l’église Chalmers-Wesley, de l’Église Unie du Canada, où l’organiste Gordon Brown procède à quelques démonstrations musicales. Entre deux morceaux, il nous confie que prendre part à cette Nuit des clochers est «un honneur» qui permet de rappeler qu’il y a «de beaux moments de réflexion possibles dans les lieux de culte» à travers le partage.
Ce qu’il aime dans la musique? «La chance de s’exprimer». Après avoir commencé le piano à l’âge de 8 ans, il a découvert l’orgue à l’adolescence. Amoureux de baroque et de musique classique, Gordon Brown laisse aussi place à l’improvisation derrière ses instruments. «Autre chose que j’aime beaucoup, c’est accompagner le chant. Quand les gens viennent le dimanche, j’aime appuyer ce qu’ils expriment eux-mêmes avec le chant et c’est un plaisir de les entendre», affirme l’organiste de l’église Chalmers-Wesley.

Un évènement en expansion
Au sein de la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, les vocalises de la chorale de l’Association étudiante catholique de l’Université Laval (AECUL) résonnent. Ils font partie de ceux qui se mobilisent, bénévolement, pour donner vie à cette Nuit des clochers. «On était même surpris de voir qu’il y avait beaucoup de personnes qui dansaient à la fin de notre prestation. On se dit que nos chants ont touché les coeurs et donné de la joie aux gens qui sont venus ce soir», se réjouit Fabrice Savadogo, membre de la chorale de l’AECUL.
Même si l’événement n’est en qu’à sa troisième édition, Valérie Roberge-Dion admet avoir «beaucoup de rêves» pour les années à venir. «Je vise bien sûr une expansion de la Nuit des clochers. On veut bonifier l’activité d’année en année et élargir ce concept de portes ouvertes parce qu’on voit que c’est apprécié, que les gens sont curieux. Le mot se passe et même les gens qui sont venus aiment revenir», fait remarquer la directrice des communications du diocèse de Québec avec espoir et ambition pour la suite.















































