Le gouvernement du Québec devrait s’empresser d’augmenter le salaire minimum ainsi que les prestations de la sécurité du revenu, plaide la Conférence religieuse canadienne (CRC).
Dans une longue lettre acheminée au premier ministre québécois François Legault, l’organisme qui regroupe les supérieures et supérieurs des différentes congrégations religieuses de tout le Canada presse aussi le gouvernement d’adopter des politiques qui vont favoriser « l’encadrement efficace des augmentations de loyer et la construction d’un nombre substantiel de logements sociaux qui réponde aux besoins actuels ».
La même lettre a aussi été remise au premier ministre canadien Justin Trudeau.
L’actuelle hausse du coût de la vie fait « des ravages auprès des populations plus vulnérables et appauvries », estime la CRC. Elle avertit les dirigeants politiques que « s’alimenter et se loger à prix abordable constituent des droits fondamentaux dont le respect ne peut être assuré en les laissant aux aléas des lois du marché dont l’objectif est avant tout la recherche du profit ».
Aux deux premiers ministres, il est rappelé que depuis 2019, « l’utilisation des banques alimentaires a augmenté de 73 % au Québec et de 78,5 % au Canada » et que « plus d’un tiers des utilisateurs sont des enfants ».
Un chantier urgent
Le système alimentaire d’une société « doit être conçu, pensé et géré avant tout pour nourrir et non pour s’enrichir », indique cette lettre signée par l’adjointe à la direction Renée Ntagungira et le directeur général de la CRC, le père Alain Ambeault.
C’est aussi le cas de toute politique d’habitation qui « doit être planifiée et administrée dans le but de loger le plus grand nombre de personnes de façon décente et abordable ».
« Rendre à nouveau le logement abordable constitue une priorité urgente et appelle à un grand chantier à mettre en branle dès 2024 », indique la CRC.
Les deux signataires déplorent que « la non-reconnaissance des droits à la sécurité alimentaire et à un logement abordable à cause des coûts inaccessibles, entraîne dans son sillage le déni d’autres droits comme ceux à la santé, à la culture, aux loisirs, bref, à la pleine citoyenneté ».
Ils reconnaissent que « le projet de loi 65 [Loi limitant le droit d’éviction des locateurs et renforçant la protection des locataires aînés] qui veut interdire temporairement les évictions constitue un premier pas dans la bonne direction ». Mais il n’est « qu’un élément de ce vaste chantier ».
Expertise
La CRC invite donc les gouvernements à se mettre à l’écoute des personnes qui travaillent dans les organismes communautaires et qui interviennent au niveau de la sécurité alimentaire et du logement.
Parce qu’elles sont les « témoins des conséquences sur les personnes d’un tel déni de droits », elles devraient être reconnues par les gouvernements comme des « expertes pour élaborer et proposer des solutions ».
« Lorsque leur expertise est corroborée et complétée par celle des institutions qui ont les moyens d’analyser et de chiffrer les causes de telles réalités, il est de la responsabilité du gouvernement de les écouter et d’assumer ses responsabilités », écrit la CRC, citant plusieurs études qui illustrent les « ravages » que subissent les personnes appauvries partout au Canada.
La lettre remise au premier ministre Legault a aussi été acheminée à France-Élaine Duranceau, la ministre responsable de l’Habitation, et à Suzanne Roy, la ministre de la Famille. Au fédéral, les ministres Marc Miller (immigration et citoyenneté), Sean Fraser (logement) et Jenna Sudds, (famille, enfance et développement social) ont aussi reçu la lettre que la CRC a remise au premier ministre canadien.















































