« La nouvelle de cette nomination arrive comme un coup de tonnerre. » C’est par cette formule que Mgr Juan Carlos Londoño exprime sa joie après sa désignation par le pape François comme évêque auxiliaire à Québec le 12 décembre.
« C’est vraiment surprenant la façon dont Dieu travaille dans nos vies, dans notre vocation », assure le nouvel évêque auxiliaire lors de la cérémonie de présentation à la communauté diocésaine, présidée par l’archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix.
La surprise de Juan Carlos Londoño, d’origine colombienne, est d’autant plus grande qu’il reconnaît que le pape est allé le chercher loin en Gaspésie, où il était en ministère depuis 16 ans, en qualité de prêtre prêté par son diocèse de Medellin en Colombie, au diocèse de Gaspé.
L’homme de 49 ans n’a pas hésité un instant avant d’accepter l’appel. Il affirme que sa réponse au Seigneur est un « oui d’amour total », qu’il vit avec passion en tant que « prêtre heureux. »
Quelques passages de la Bible l’ont inspiré dans sa décision, tels que l’appel du prophète Jérémie et un texte du prophète Amos. Les paroles du Seigneur à Jérémie donnent l’assurance à Juan Carlos Londoño que Dieu sera toujours à ses côtés pour le soutenir.
Le prophète Amos et la Vierge Marie
Le nouvel évêque compare sa situation à celle du prophète Amos. Il réalise que le Seigneur est venu le choisir dans une petite ville près des Appalaches avec un petit troupeau, lui qui était « un petit rien dans le troupeau », loin de tout, en Gaspésie.
« Je n’étais pas prophète, je n’étais pas fils de prophète. J’étais juste un bouvier et je vendais des figues. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit: « Va et tu seras prophète pour mon peuple Israël », cite, fort ému, Mgr Juan Carlos Londoño.
Ce verset a été déterminant dans sa prise de décision: « Après ça, j’ai dit oui, me voici. » Comme le pape après son élection, il demande de prier pour lui afin qu’il puisse bien servir le Seigneur.
Le prêtre devenu évêque élu, aime particulièrement la Vierge Marie dont il loue sa présence dans sa vie. « Je veux consacrer mon ministère épiscopal à Maman Marie qui m’a toujours conduit et qui intercède tellement pour moi », déclare-t-il.
« Grand cadeau du pape »
Pour l’archevêque de Québec, cette nomination est un grand cadeau que le pape donne au diocèse de Québec qui fête son 350e anniversaire. Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix fait comprendre que le nouvel évêque auxiliaire a été nommé à la suite d’un processus rigoureux.
En effet, il fallait présenter au moins trois candidats possibles. La nonciature apostolique mène des consultations sur chaque candidature, auprès de 30 à 40 personnes. À Rome aussi, précise l’archevêque, le dicastère pour les évêques étudie chacun des dossiers pour en présenter trois au pape.
« Il se peut que ce soit parmi les candidats que j’ai présentés ou ça peut être d’autres qu’ils ont en réserve ou qu’ils pensent qu’ils pourraient faire l’affaire », indique-t-il.
« Alors ce matin, on reçoit celui que le pape a choisi et moi je suis très content », avoue le cardinal. Il souligne que depuis plusieurs années des missionnaires venaient annoncer l’Évangile ici. De la même manière, le Québec et le Canada envoient des missionnaires dont plusieurs évêques dans le monde.
La nomination de Mgr Juan Carlos Londoño, d’origine colombienne, revient, d’après le cardinal, à recevoir un missionnaire.
« C’est un beau cadeau, c’est un clin d’œil pour dire: « Continuez d’être des missionnaires, continuez d’être une Église qui accueille et qui envoie des missionnaires » », estime Gérald Cyprien Lacroix.
« Moment historique »
Mgr Marc Pelchat, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Québec, se réjouit pour sa part d’un « moment historique » pour le diocèse, qui vient de lancer son année jubilaire. Il rappelle que le diocèse accueillait avant d’autres ministres comme des Français, mais là c’est un citoyen des Amériques qui est reçu.
« Ça nous parle beaucoup parce que nous voyons le visage de nos communautés – dans le diocèse de Québec comme dans presque toutes les églises au Québec – qui se transforme », constate-t-il. Cette transformation ne s’opère pas seulement à Montréal et à Québec, mais dans toute la province.
« C’est un signe important qui est donné à notre Église que maintenant nos communautés sont formées de plusieurs nations qui sont appelées à former un seul peuple et à vivre la fraternité universelle », fait valoir Mgr Marc Pelchat.
L’ordination de Juan Carlos Londoño, cadet d’une famille de huit enfants dont six sœurs, est prévue pour le début de l’année 2024.
















































