Plus de 130 organismes de la société civile et près de 2000 individus ont signé une Déclaration contre l’instrumentalisation de la laïcité qui demande aux chefs des différents partis politiques qui s’affrontent durant la présente campagne électorale de s’engager à «promouvoir une conception de la laïcité respectueuse des droits humains».
La déclaration, lancée notamment par la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Ligue des droits et libertés (LDL) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), demande aussi au parti politique qui remportera le scrutin du 5 octobre d’abroger les trois lois sur la laïcité adoptées par le gouvernement de la Coalition avenir Québec.
Ces trois lois sont la Loi sur la laïcité de l’État (projet de loi 21), la Loi visant notamment à renforcer la laïcité dans le réseau de l’éducation et modifiant diverses dispositions législatives (projet de loi 94) et la Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec (projet de loi 9).
Parmi les 130 groupes signataires, on note l’absence des principales associations qui représentent les Juifs ainsi que les chrétiens (catholiques, protestants, anglicans, etc.). Plusieurs groupes musulmans ont toutefois endossé cette déclaration. Parmi ceux-ci, on trouve quelques centres islamiques, l’Association des femmes musulmanes du Québec et le Conseil national des Québécois musulmans (CNQM).
Aide médicale à mourir
Un comité du Conseil canadien des Églises demande au gouvernement canadien de rejeter indéfiniment l’élargissement de l’admissibilité à l’aide médicale à mourir (AMM) aux personnes dont la seule affection médicale sous-jacente est une maladie mentale.
Rappelons qu’en 2024, le gouvernement canadien a reporté la mise en oeuvre de cette mesure. «Nous avons bien compris que le système de santé n’est pas encore prêt pour l’AMM lorsque le trouble mental est le seul problème médical invoqué», indiquait alors Mark Holland, ministre de la Santé du Canada. La date d’admissibilité des personnes dont le seul problème médical est une maladie mentale est maintenant fixée au 17 mars 2027, précise Santé Canada.
«La maladie mentale peut affecter la capacité d’une personne à porter des jugements sensés et stables. Cela compromet sa capacité à donner un consentement libre, éclairé et durable à l’AMM, d’autant plus que les idées suicidaires peuvent être un symptôme de la maladie mentale», estiment plutôt les membres du Groupe de référence sur la foi et les sciences de la vie du Conseil canadien des Églises dans une lettre remise au ministre de la Justice Sean Fraser.
Pour ces représentants d’Églises anglicanes, protestantes, orthodoxes ou coptes, «les services de santé mentale au Canada sont sous-financés et manquent de ressources, ce qui peut accroître la souffrance des personnes atteintes de maladie mentale et limiter davantage leur liberté de faire des choix significatifs».
Le collège Loyola renonce aux subventions
Les administrateurs du collège Loyola ont décidé de renoncer aux subventions gouvernementales afin de préserver la mission de cette école secondaire privée ainsi que son «identité jésuite et catholique».
Adoptée en avril 2026, la Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec (projet de loi 9) exige que les écoles du Québec qui reçoivent des subventions gouvernementales se conforment à la politique québécoise de laïcité, expliquent les administrateurs de cette école secondaire privée dans une lettre remise aux parents de leurs élèves le 4 septembre.
Recevoir des subventions dans ce nouveau contexte législatif «obligerait Loyola à modifier des aspects importants de la manière dont nous vivons notre mission jésuite et catholique», estiment toutefois Fouad Maroun, directeur général, et Patrick M. Shea, président du conseil des gouverneurs de cette école secondaire.
«Depuis 130 ans, Loyola forme les jeunes dans leur esprit, leur cœur et leur âme. Cette mission prend vie chaque jour dans nos salles de classe, au cœur de notre chapelle, sur nos terrains et dans notre engagement au service des autres. C’est cette mission que nous souhaitons protéger», ajoutent-ils.
Ce n’est qu’en 2029 que les dispositions concernant les subventions prévues dans la Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec entreront en vigueur. En renonçant aux subventions qui sont accordées aux écoles privées, «les frais de scolarité et autres frais passeraient d’environ 12 530 $ à quelque 20 000 $ ou 21 000 $», avertissent les administrateurs de ce collège qui entendent lancer des campagnes de financement afin d’aider les familles montréalaises moins nanties à continuer de fréquenter leur institution.
«Notre identité ne changera pas: Loyola demeurera Loyola, une école jésuite et catholique, demain matin comme chaque matin par la suite», indiquent les administrateurs de cette école.















































