Le syndicat qui représente le personnel d’entretien de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice dénonce le congédiement de trois de ses membres. Cette mesure qualifiée d’antisyndicale lui a été annoncée lundi lors d’une rencontre avec l’employeur.
«On s’est syndiqués pour se faire respecter par notre employeur», dit Ruben Read Rainville, président de ce syndicat affilié à la CSN et officiellement reconnu le 9 septembre 2025. «On reçoit ces mises à pied comme une gifle en plein visage», ajoute-t-il.
Par voie de communiqué, Caroline Senneville, la présidente de la CSN, rappelle que lors de la création de ce syndicat, on déplorait dans les trois résidences sulpiciennes (deux à Montréal, une à Oka) l’intensification d’un «climat de peur».
«L’employeur continue de renforcer ce climat par des menaces constantes de licenciements et un manque de transparence envers le syndicat. De telles tactiques d’intimidation n’ont pas leur place au XXIe siècle», poursuit la présidente de la CSN.
Décroissance
En septembre, le président syndical Ruben Read Rainville avait expliqué à Présence que les relations de travail se sont dégradées depuis que les sulpiciens ont confié la gestion administrative de leurs bâtiments et de leur personnel à des laïcs.
Joint à son bureau dès son arrivée mardi matin, le directeur général par intérim de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice n’a aucunement nié les trois mises à pied. Mais Alain Desjardins s’empresse de préciser que ce sont des employés qui avaient «des titres à temps partiel qui ont été remerciés».
«La situation est fort simple», explique-t-il. L’an dernier, en raison d’une gestion qu’il qualifie de «déficiente», les administrateurs d’alors «ont doublé le personnel» lié aux prêtres de Saint-Sulpice. «On a eu énormément d’embauches alors que les prêtres de Saint-Sulpice sont de moins en moins nombreux». Près de 60 personnes sont actuellement au service de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, «alors qu’il y a 31 prêtres [sulpiciens] dans tout le Canada».
«L’an dernier, on a eu plusieurs décès», ajoute Alain Desjardins. Devant une telle décroissance, il est normal que l’administration «s’assure d’un juste équilibre». C’est ce qui a obligé l’institution religieuse à effectuer le «réajustement de personnel» annoncé hier.
Celui qui était encore récemment directeur général de la Ville de Candiac et qui dorénavant accepte des contrats de consultation indique qu’il est en poste depuis la mi-octobre. Il a hérité de deux mandats temporaires, soit «le redressement de la situation financière» de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, une institution présente au Québec depuis près de 450 ans mais «en décroissance», et «la réorganisation du personnel».
«Casser le syndicat»
Les prêtres de Saint-Sulpice cherchent-ils à «casser le syndicat» nouvellement créé, ce que laisse entendre la CSN. «C’est totalement faux», réagit-il, haussant le ton pour la première fois durant ce bref entretien.
En poste depuis peu, le directeur général intérimaire dit avoir tenu une première rencontre avec le syndicat. «J’ai demandé que l’on se rencontre de nouveau très rapidement afin de négocier la première convention collective». Une date en janvier a déjà été convenue.
«J’ai hâte de discuter avec le syndicat pour voir ce que je peux offrir de mieux pour que mes employés soient heureux», dit Alain Desjardins.
À la CSN, on fronce un peu les sourcils devant cette main tendue. «Voyons donc, c’est nous qui avons d’abord demandé de négocier. Hier, M. Desjardins s’est dit prêt à négocier mais il a agi unilatéralement en apportant des modifications importantes aux horaires de la cuisine et en n’impliquant pas le syndicat dans le processus de restructuration», déclare Linda Tavolaro, secrétaire générale de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).
«On va espérer le mieux pour la suite», dit de son côté Ruben Read Rainville, le président du syndicat de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice.
















































