Les activités ne reprendront pas avant 2025 au Centre justice et foi (CJF), vient d’annoncer son conseil d’administration. Ses six membres entendent, durant les quatre prochains mois, « procéder à une consultation élargie » et « finaliser le plan entourant la restructuration et l’avenir » de ce centre jésuite d’analyse sociale.
La directrice générale du CJF, l’exégète et anthropologue Isabelle Lemelin, ne participera toutefois pas à cette restructuration qui « vise fondamentalement à assurer la durabilité du CJF », révèle José Antonio Sanchez, le directeur des communications des Jésuites du Canada. En poste depuis mai 2023, elle a quitté depuis peu ses fonctions. « Après son implication dans ce dossier et d’autres, elle a jugé qu’il était temps pour elle de passer le flambeau », a-t-on indiqué à Présence.
La suspension temporaire de ses activités, annoncée le 22 mars 2024, devait permettre au CJF « de redéfinir son positionnement et ses priorités dans le contexte de sa mission et de trouver le financement nécessaire pour assurer la durabilité à long terme de l’organisme ».
Mais ses dirigeants reconnaissent aujourd’hui avoir « besoin d’avoir plus de temps pour solidifier le plan de restructuration, mais surtout, [pour] consulter les différentes parties prenantes afin de mieux comprendre le rôle que devrait prendre la Compagnie de Jésus (les jésuites) pour assurer l’avenir du CJF ».
« Conséquemment, le conseil d’administration a pris la décision de prolonger la mise sur pause de ses activités pour une période additionnelle, d’environ 4 mois », précise la déclaration diffusée vendredi, peu après 17 h.
Cette consultation sur l’avenir du CJF sera lancée dans les prochaines semaines, promet-on. Les « membres de l’équipe » ainsi que « les partenaires ayant contribué activement à la mission et aux réalisations du CJF » participeront à cet exercice.
Relations
La déclaration du conseil d’administration ne mentionne aucunement le nom de Relations, la revue que publie le CJF depuis les années 1980 et qui a été fondée par des jésuites en 1941. Interrogé au sujet de cette omission (*), le directeur des communications Sanchez assure que « Relations sera au cœur du travail qui se poursuivra dans les prochains mois ».
Le dernier numéro de cette revue trimestrielle est paru en mars 2024. Les numéros de juin et de septembre n’ont pas été publiés. Celui de décembre ne le sera pas non plus si le personnel de cette publication, mis à pied en mars, n’est pas rappelé au travail dans les prochaines semaines, soit bien avant la fin de la pause annoncée de quatre mois.
« Ne même pas mentionner Relations dans ce communiqué est déplorable alors que le conseil d’administration avait laissé entrevoir une possibilité de reprise cet automne », a réagi Catherine Caron, rédactrice et éditrice de la revue de 2007 à 2023.
« Les nombreux abonnés de la revue – dont certains depuis des décennies – ainsi que l’ensemble de ses collaborateurs et collaboratrices continuent d’être traités sans grand respect », déplore-t-elle.
Elle estime de plus que « cette suspension de quatre mois de plus laisse très peu de chances à Relations de survivre commercialement alors qu’on parle de vouloir en assurer la pérennité » .
(*) NDLR – Vendredi 20 septembre 2024 – 20 h 01
Après la publication de ce texte, la déclaration du conseil d’administration a été amendée. Publiée dans le site Web du CJF, la nouvelle déclaration indique que le centre d’analyse jésuite prolonge « la mise sur pause de ses activités, dont la revue Relations… »
















































