L’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) n’entend pas commenter « pour le moment » la mise à pied et la suspension des activités du Centre justice et foi (CJF). Mais les évêques sont prêts à discuter avec ses administrateurs s’ils en font la demande.
Les évêques québécois observent ce silence depuis jeudi, d’abord par « respect pour l’autonomie et l’indépendance des institutions », explique le secrétaire général de l’AECQ, Mgr Pierre Murray.
Il rappelle aussi que les évêques québécois ont la responsabilité de diocèses « eux-mêmes fragilisés financièrement ». C’est pourquoi « ils ne sont pas en mesure d’intervenir dans ce dossier, pas plus qu’ils ne sont intervenus dans des dossiers similaires par le passé ».
« Évidemment, si les responsables du CJF nous contactent, c’est avec plaisir que nous discuterons avec eux », indique Mgr Murray.
Au sein de l’AECQ, le conseil Église et Société rassemble trois évêques ainsi des laïcs préoccupés par les questions sociales. Ce comité publie chaque année un Message du Premier mai à l’occasion de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses. Un représentant du Centre justice et foi siège à ce conseil épiscopal.
Puisque le Centre justice et foi est une œuvre sociale des jésuites et que ces derniers « ont clairement annoncé leur intention de relancer et de poursuivre très prochainement les activités du CJF », le secrétaire général de l’AEQC confirme que « le conseil Église et Société suivra attentivement les développements à venir ».
Le président du conseil Église et Société, l’évêque auxiliaire Marc Pelchat, n’a pas souhaité « pour le moment » commenter davantage la suspension des activités et la mise à pied des employés du CJF.
Large concertation
De son côté, la Conférence religieuse canadienne (CRC), qui regroupe les supérieurs des diverses congrégations religieuses au pays, vient d’exprimer sa tristesse et « son énorme préoccupation » devant « l’avenir de la mission unique que remplissait le Centre justice et foi ».
Le directeur général de la CRC estime que la nouvelle de la mise en veille du CJF « a créé une onde de choc majeure dans l’univers du christianisme social au Québec ».
Le père Alain Ambeault ne peut « juger des raisons » qui motivent la décision prise par le conseil d’administration du CJF. « Nous ne les connaissons pas », dit-il.
Mais il reconnaît que « l’ensemble des organismes ayant une mission chrétienne éprouve actuellement des difficultés autant dans le recrutement du personnel que dans la stabilisation financière ».
Pour le directeur général de la CRC, il ne faut pas que « disparaissent de notre paysage des organismes qui remplissent une mission aussi importante » que celle du CJF.
La Conférence religieuse canadienne veut aujourd’hui « tendre la main aux congrégations québécoises, aux Jésuites et au conseil d’administration du Centre justice et foi afin de favoriser une large concertation qui s’emploiera à trouver la meilleure solution possible pour que le Centre continue sa précieuse mission », dit-il.
La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) n’a pas répondu à notre demande de commentaires.
















































