Le Centre justice et foi (CJF) suspend temporairement ses activités et met à pied la majorité de son personnel.
Les travaux d’analyse sociale que mène le CJF depuis 41 ans sont suspendus « jusqu’à nouvel ordre », et cela à partir de demain, le vendredi 22 mars. Plus tôt cette semaine, dix employés – le CJF en compte douze – ont été convoqués et ont appris qu’ils étaient mis à pied temporairement.
»Ce geste est devenu nécessaire pour permettre au Centre de redéfinir son positionnement et ses priorités, le tout en fonction de ses effectifs humains et financiers et dans le contexte de sa mission », explique le conseil d’administration dans une note qui devrait paraître aujourd’hui à la une du site Web du CJF et que Présence a obtenue.
« On souhaite que la durée de la suspension et des mises à pieds soit la plus courte possible », insiste le jésuite Peter Bisson, le vice-président du conseil d’administration.
Tous les dirigeants bénévoles du CJF « s’affairent au renforcement de la vision du Centre et veulent assurer sa pérennité », ajoute-t-il.
Le père Bisson explique que les défi financiers auxquels fait face le CJF sont importants. « Les dépenses du Centre ont augmenté davantage que ses revenus et, récemment, deux membres stratégiques de l’équipe, la directrice générale et la comptable, ont obtenu des arrêts de travail*. Tout cela rend très difficile la gestion quotidienne du Centre. »
L’automne dernier, des administrateurs, des membres du personnel et des jésuites ont entrepris une réflexion dite de « clarté stratégique », indique Jacques Bordeleau, l’ancien directeur général de la Fondation Béati, qui siège maintenant au conseil d’administration du CJF.
« On s’est demandé comment on voit l’avenir du Centre dans un contexte où l’écosystème religieux est en profonde mutation et où beaucoup d’organismes d’inspiration chrétienne ferment leurs portes. »
« On veut repositionner le Centre, en tenant compte bien sûr de ses capacités financières. »
Cette démarche de réflexion aura toutefois été freinée par l’arrêt de travail* de la directrice générale et de la comptable. « Depuis ce temps, on est dans l’intendance et la direction des opérations quotidiennes », dit Jacques Bordeleau.
« Bien que nous ignorions pour l’instant la durée exacte de cette pause, nous sommes confiants que le Centre sera en mesure de reprendre ses activités avant la fin de l’été », indique aujourd’hui le conseil d’administration. Il s’engage aussi à « assurer un processus sans heurts pour les employés ».
L’avenir de Relations
Le Centre justice et foi a été fondé en 1983 par des jésuites québécois. Il publie notamment la revue Relations. Son personnel a aussi été mis à pied cette semaine.
« On a la volonté d’assurer la pérennité de cette revue », dit Jacques Bordeleau qui confirme toutefois qu’« avec la mise en veille des activités du Centre, on suspend la publication du prochain numéro de Relations ».
Les abonnés ont reçu leur dernier numéro (printemps 2024, no 824) la semaine dernière tandis que le personnel planchait déjà sur le numéro d’été. (Relations publie quatre numéros par année.)
« On va évaluer tous les scénarios », assure Jacques Bordeleau. « Au retour de la direction du Centre, on pourrait par exemple rappeler le personnel pour s’assurer que le prochain numéro paraisse. On pourrait choisir de le reporter en septembre. »
« Mais non, on ne met pas fin à Relations. »
*NOTE – Vendredi 22 mars, 05 h 25 – Le motif a été modifié.
















































