Depuis 2012, l’École secondaire catholique régionale de Hawkesbury (ESCRH) dans l’est de l’Ontario s’est taillé une belle réputation pour son dynamisme et son originalité, notamment pour ses jeux de scènes qui s’intègrent aux célébrations de l’Avent et de la Semaine sainte. Le groupe de pastorale scolaire propose ainsi annuellement des relectures et actualisations du texte biblique sous la forme de pièces de théâtre. Portrait d’un succès.
« À l’ESCRH on est quand même reconnu pour nos célébrations », constate l’enseignante responsable de la pastorale à l’ESCRH, Liza Sutherland, qui brosse les grandes lignes de l’histoire de ce succès.
Durant l’automne 2012, appuyée par l’abbé Jonathan Blake, alors curé de la paroisse Saint-Pierre-Apôtre de Hawkesbury, la responsable de la pastorale scolaire reçoit un soutien en ressources humaines du service de la pastorale de l’archidiocèse d’Ottawa (depuis devenu l’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall).
Des rencontres exploratoires s’étaient alors tenues et une idée avait surgi: le groupe allait monter et présenter une pièce de théâtre d’inspiration biblique durant la période de l’Avent. Il s’agissait d’une première!
La conviction et la détermination de Mme Sutherland, ainsi que l’intérêt manifesté par des groupes d’élèves d’une année scolaire à l’autre, constituent désormais un modèle d’enseignement et de transmission de la foi chrétienne en milieu scolaire au sein des écoles catholiques de l’est de l’Ontario.
Un espace pour s’exprimer
Lors des premières rencontres en 2012, un constat s’était rapidement imposé. Les élèves qui avaient joint le groupe de pastorale soulevaient une quantité importante de questions sur la foi catholique et la vie chrétienne.
Les jeunes se voyaient bien offrir des lieux pour la préparation aux sacrements, ainsi que des invitations à assister aux messes du dimanche. Cependant, l’espace leur semblait restreint pour exprimer des questions, des doutes et des aspirations. Ces élèves l’affirmaient clairement.
Liza Sutherland a alors pris une première décision : la pastorale scolaire allait déployer un tel espace. « C’est à ce moment qu’on a décidé de monter une pièce sur la naissance du Christ, différemment, en l’actualisant », confie l’enseignante.
On a alors modernisé le scénario tout en conservant la trame du récit de l’évangile. Joseph et Marie ont ainsi été représentés par un petit couple en pick-up qui s’arrête dans un casse-croûte parce que Marie avait faim, et c’est là qu’elle donne naissance à son enfant.
« Cela a déclenché chez nous le désir de mieux connaître et on a vu que les jeunes ont embarqué, poursuit-elle. Ils ont compris que le récit biblique et la célébration avaient un sens. »
Au fil des années, le groupe a monté et présenté des adaptations actualisées de plusieurs épisodes bibliques, notamment de l’Exode, des disciples d’Emmaüs, de la Nativité, ainsi que du procès de Jésus.
Jeunes et quête de sens
Aux yeux de Liza Sutherland, ce succès témoigne que la quête de sens est bien présente chez les adolescents. Tina Charbonneau, l’animatrice responsable de la pastorale au Conseil scolaire de district catholique de l’Est, partage cet avis. Elle note que plusieurs élèves du secondaire se questionnent sur la foi catholique alors qu’un certain nombre n’assiste pas de manière régulière aux messes du dimanche.
« Les adolescents veulent savoir comment vivre avec des valeurs, ils voient que les valeurs sont là et ils cherchent leur place dans l’Église avec un E majuscule, pas seulement dans la bâtisse », constate-t-elle.
Le mercredi 27 mars durant la Semaine sainte, le groupe de pastorale de l’ESCRH proposait cette fois-ci une relecture originale des 14 stations du chemin de croix sous le thème de l’intimidation et de l’exclusion. L’enseignante précise le contexte dans lequel fut écrite cette pièce.
« L’inspiration vient vraiment des élèves, assure-t-elle. Cette relecture du chemin de croix est le fruit d’une réflexion menée dans le cadre des activités de la pastorale scolaire. Pour les aider, avec Tina, on proposait des choses et quand venait le temps pour les jeunes de s’exprimer, ils voyaient les choses autrement et c’était encore mieux que ce à quoi on avait pensé », révèle avec enthousiasme Mme Sutherland.
« Les élèves se sont posé la question : que signifie Pâques, pour eux? », précise-t-elle. « On regardait chacune des stations du chemin de croix et les jeunes se questionnaient sur comment l’illustrer, comment on vivait ça aujourd’hui. On en est venu à trouver un beau message sur comment devenir meilleur et comment ressusciter. »
Présent lors de la représentation, le curé de la paroisse Saint-Pierre-Apôtre de Hawkesbury, l’abbé Éric Robichaud, était visiblement touché tant par le message que par la mise en scène réalisée par les élèves de l’ESCRH.
« Je suis vraiment édifié! », a-t-il lancé avec conviction. « J’en ai vu beaucoup des chemins de croix dans ma vie, mais ici, c’est adapté par les élèves et pour les élèves. C’est ça qu’on veut : rendre l’Évangile pertinent dans la vie des gens. Ici, on en a un exemple. »
















































