1674, date de la création du diocèse de Québec avec son premier évêque, François de Laval. Bien de l’eau a coulé dans le Saint-Laurent depuis. L’Église de Québec a célébré ce 350e anniversaire pendant un an, jusqu’au 8 décembre dernier, avec divers événements destinés tantôt aux communautés chrétiennes, tantôt au grand public.
Ce moment de mémoire et de célébration a permis à l’Église de Québec de revisiter les siècles passés et de regarder vers l’avenir. Valérie Roberge-Dion, directrice des communications de l’Église catholique de Québec, fait le point. « Pour la programmation, on a fait des choix d’activités qui nous aidaient à vivre une année charnière à plusieurs niveaux [avec des moments] d’introspection, de réflexion, sur où on veut aller dans l’avenir — avec un choix d’activités en conséquence. »
Une histoire toujours d’actualité
Outre les figures incontournables de Marie de l’Incarnation, Catherine de Saint-Augustin et François de Laval, les célébrations du 350e ont permis de mettre en lumière des figures importantes de l’histoire de l’archidiocèse. C’était une façon, selon Mme Roberge-Dion, de « revisiter l’histoire à travers la vie de certains personnages, mais aussi de mettre en valeur leur héritage ».
Ces hommes et ces femmes du passé ont travaillé dans différentes sphères de la société, comme le mouvement coopératif, les sciences naturelles, la justice sociale, la culture, la santé ou encore les soins palliatifs. Leur sélection a délibérément été faite « pour montrer que des croyants de toutes les époques ont aussi contribué à construire la société dont on hérite aujourd’hui dans toute sa diversité ». Ils ont quelque chose d’inspirant à dire à la société actuelle, selon Mme Roberge-Dion, sur le plan de leur motivation profonde ou sur le plan de l’impact de leur action.
Marie-Josephte Fitzbach (1806-1885), fondatrice des Servantes du Cœur Immaculé de Marie, est l’une de ces personnes inspirantes. Les membres de cette congrégation religieuse, aussi appelées sœurs du Bon-Pasteur de Québec, se sont consacrées aux femmes en difficulté et à leurs enfants à travers des œuvres sociales. Leur influence actuelle se trouve notamment dans la Maison Hélène-Lacroix, un organisme d’aide et d’hébergement pour des femmes qui vivent des violences.
Le volet historique proposé par l’Église de Québec a impliqué différents partenaires, comme le Musée de la civilisation (qui a consacré une exposition estivale consacrée à l’impact social et communautaire de l’Église) ou encore les Fêtes de la Nouvelle-France. « C’est pour nous une question de sortir, d’aller rejoindre les gens », explique la directrice des communications.
Un moment de recentrement
L’histoire de l’Église de Québec a été marquée par de forts moments de solidarité et de travail aux marges de la société, mais également par diverses crises d’abus. Ces pans de l’histoire étaient également très présents à l’esprit des organisateurs du 350e.
Au cours de la dernière année, l’Église catholique de Québec a donc certes célébré son histoire, mais avec beaucoup d’humilité, explique Mme Roberge-Dion. « Ce n’étaient pas des fêtes exubérantes où on ne faisait que se féliciter de beaux coups. Il y avait un regard lucide sur notre histoire. C’est essentiel à notre époque, parce qu’on vit avec les conséquences de blessures à différents niveaux. La question était: qu’est-ce qu’on a appris? Nous avons relu cette histoire en nous disant: Dieu marchait avec nous, Dieu nous accompagne dans toutes ces péripéties, ces moments heureux, ces moments sombres. »
Les sujets plus difficiles ont ainsi été abordés de front. Une des premières activités du 350e était ainsi une formation sur le thème de la vulnérabilité. Le site de l’événement explique qu’il s’agissait d’un « jalon dans la réflexion qui s’ajoute à la formation continue offerte aux membres de nos communautés, sur la question de la protection des personnes mineures ou en situation de vulnérabilité ».
Les relations avec les communautés autochtones ont également été au cœur du 350e, bien que la venue du pape François en 2022 a été le plus important moment charnière de l’archidiocèse de Québec par rapport à ce sujet. Le pèlerinage pénitentiel a sensibilisé les membres de l’organisation du 350e sur l’importance de travailler avec les communautés autochtones.
Par exemple, la communauté catholique de Wendake a célébré une messe présidée par l’évêque auxiliaire Marc Pelchat à la chapelle Notre-Dame-de-Lorette lors du Pow wow de Wendake. De plus, le 17 novembre 2024, lors d’une rencontre interreligieuse, le Wendat Raymond Gros-Louis a ouvert une cérémonie interculturelle par un rituel de purification.
Lors de cet événement, les leaders de toutes les confessions religieuses présentes sur le territoire de l’archidiocèse ont été invités à prier pour la paix. « C’est un bel exemple de comment on veut contribuer avec les autres groupes religieux à être un vecteur de paix et d’unité dans notre milieu, dans notre communauté. »
Se projeter vers l’avenir
Au travers de cette relecture de l’histoire de l’Église, il y avait aussi, selon la directrice des communications de l’archidiocèse, beaucoup de joie partagée, des moments de communauté, la conscience que l’Église porte un trésor à partager avec authenticité et humilité, « pour être dans le respect des gens, des gens blessés aussi ».
En route vers son 375e anniversaire, l’Église de Québec souhaite s’inscrire de plus en plus dans sa communauté. Loin de n’être centrée que sur ses propres besoins et enjeux, elle souhaite, explique Valérie Roberge-Dion, s’ouvrir activement à l’ensemble des enjeux de la société et y participer.




















































