Le lundi 14 décembre 1925, il y a un siècle, Le Droit explique que l’Exposition missionnaire vaticane, tenue durant tout l’Année sainte (1925), aura connu un franc succès.
Un an après l’ouverture, une dépêche en provenance de Rome révèle que «près d’un demi-million de visiteurs» ont visité les stands érigés dans les jardins du Vatican.
Devrait-on prolonger cette populaire exposition qui doit se terminer au début de 1926?
«Des informations contradictoires ayant été publiées à ce sujet, on a posé la question à un personnage mêlé de très près à l’organisation de l’exposition», écrit-on… sans jamais dévoiler l’identité de cet informateur.
«Aucun acte officiel n’a encore été accompli à ce sujet», confie cette personne visiblement bien informée. Elle assure que le pape aurait «manifesté le désir» de voir l’exposition se poursuivre au-delà de l’Année sainte.
Le Droit ajoute alors cette note. Le Vatican songerait déjà à «constituer un musée permanent des missions mais rien n’est encore décidé à ce propos».
«Tout ce qui est actuellement à l’exposition ne pourrait naturellement être conservé», ajoute cet informateur, car «un bon nombre de pièces ont été prêtées par des gouvernements, des institutions et des particuliers». Elles leur seront rendues.
Toutefois, concernant les pièces qui demeureront au Vatican, il sera «nécessaire de faire un tri». Et qu’en fera-t-on ensuite? L’interlocuteur estime que tous ces objets pourraient «constituer une collection fort intéressante et fort utile» que l’on pourrait installer «au musée du Latran, où l’on pourrait lui réserver deux étages». Mais «rien n’est encore décidé à cet égard», assure-t-il.
Le retour des artéfacts
Le samedi 6 décembre 2025 – un siècle plus tard – 62 artéfacts autochtones, toujours conservés par le Vatican, sont arrivés à l’aéroport international Montréal-Trudeau.
Disposés dans cinq grands caissons, ces objets, qui ont été présentés à l’Exposition missionnaire vaticane de 1925 et qui sont conservés depuis par les Musées du Vatican, ont été transportés au Musée canadien de l’histoire où des spécialistes vont établir leur provenance.
Il y a 100 ans, le journal Le Droit du 16 janvier 1926 présentait la contribution des Oblats de Marie Immaculée à cette exposition. On y apprend que les missionnaires oblats, du Canada mais aussi du monde entier, ont fait parvenir «quatre-vingts et quelques caisses d’objets de toutes sortes» aux organisateurs de l’exposition.
Mais on ne sait pas combien d’objets canadiens ont été envoyés à Rome avant cette exposition.
L’article révèle toutefois que les oblats des missions du Nord-Ouest canadien ont remis «une multitude d’objets», notamment «des gants en fine peau blanche, avec délicates broderies jaunes et moelleuses bordures en hermine», des traînes à chiens, un kayak (défini comme un «bateau esquimau en peaux de phoques»), des habits, des raquettes ainsi que des «personnages en grandeur naturelle, tout équipés pour les longs parcours à travers les glaces polaires». Ce kayak fait partie des objets qui ont été remis par le pape Léon XIV aux communautés autochtones le 6 décembre dernier.
















































