En réponse à l’entretien de Philippe Vaillancourt avec le recteur du sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine intitulé Repenser le sanctuaire pour le 21e siècle.
La spiritualité du 21e siècle a soif de liberté
Avant-gardistes les pratiques du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap? Le ton employé pour décrire le Festival de l’Assomption s’apparente davantage aux grandes églises évangéliques américaines, qui voguent sur les courants d’une culture de consommation. Est-ce vraiment la visée du recteur? À première vue, la situation pourrait le laisser croire…
L’espace religieux du 21e siècle est différent de tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. Il appelle de nouvelles voies. Il faut être créatif et c’est dans cet esprit que Pierre-Olivier Tremblay cherche à repenser l’avenir du Cap. L’église catholique ne peut plus revendiquer l’exclusivité d’une voie spirituelle, il faut ouvrir les portes aux dialogues interreligieux et interspirituels. L’esprit des pèlerinages de longue randonnée, tel que Compostelle, nous le démontre bien: des gens de différentes religions et approches spirituelles s’y retrouvent pour discuter, échanger, réfléchir, sur les orientations de leur vie. Par cette ouverture, le Camino – bien que catholique à l’origine – ne l’est plus de manière exclusive. Il est devenu un modèle de terre d’accueil, un modèle de sanctuaire.
Les sanctuaires offrent la possibilité d’un tel espace de dialogue. Ils tiennent un rôle important à notre époque. Actuellement, le mot est très présent dans les journaux. On utilise le concept de sanctuaire pour revendiquer le statut de terre d’accueil pour les exclus politiques. Le sanctuaire symbolise ainsi l’accueil, la vie, pour plusieurs. Un accueil inclusif peu importe la culture, l’origine ou la religion.
Dans cet esprit, les sanctuaires ont un rôle important à jouer pour notre époque. La spiritualité du 21e siècle a soif de liberté et ne trouve plus de lieu pour s’exprimer. Les sanctuaires auront avantage à miser sur cet espace de liberté pour devenir une terre d’accueil inclusive qui fera place aux dialogues.
Éric Laliberté
Doctorant en théologie, études pèlerines
Université Laval
















































