« Trop souvent, ces derniers mois, des Canadiens ont été menacés, harcelés et exclus en raison de leur foi, de leur identité ou parce qu’ils soutiennent le droit du peuple juif à l’autodétermination sur sa terre ancestrale », a déclaré le premier ministre canadien Justin Trudeau à l’occasion du premier anniversaire de cette « attaque massive, coordonnée et horrible contre Israël » qui s’est déroulée le 7 octobre 2023.
« Nos pensées accompagnent tous les Israéliens et tous les Juifs, dont la vie a été bouleversée par cette tragédie impensable et qui continuent à vivre dans la douleur, la peur et l’incertitude », a ajouté le premier ministre. Il a ensuite déploré que, depuis cette « attaque la plus meurtrière menée contre le peuple juif depuis l’Holocauste », la communauté juive canadienne ait affronté « une terrifiante hausse de l’antisémitisme ».
« Nous avons vu des attaques menées contre des synagogues et des écoles, des personnes faire l’objet de railleries parce qu’elles portaient une étoile de David ou une kippa, des insultes antisémites flagrantes devenues courantes, des manifestants faisant l’apologie de terroristes ainsi que le déni des horribles événements du 7 octobre. »
Pour le premier ministre canadien, c’est le Hamas qui a « engagé la région sur la voie de la guerre et de la violence ». Dans sa déclaration, il ne mentionne pas la réaction du gouvernement d’Israël depuis l’attaque-surprise d’octobre 2023. Mais il concède que « le nombre de vies civiles perdues depuis le 7 octobre est bouleversant et inacceptable » et exige que « tous les acteurs » dans cette guerre respectent le droit international.
Le gouvernement qu’il dirige travaille « sans relâche » à l’instauration d’un cessez-le-feu au Moyen-Orient » et s’engage « à prendre des mesures irréversibles pour parvenir à une solution à deux États qui permettra aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre en sécurité à l’intérieur de frontières internationalement reconnues », a aussi déclaré le premier ministre.
Du côté des Églises chrétiennes
Le Conseil canadien des Églises n’a pas émis de déclaration officielle à l’occasion de premier anniversaire des événements du 7 octobre. Mais certaines Églises qui en sont membres ont invité leurs membres « à prier et à agir pour une paix juste ».
« Les Écritures nous disent que Dieu nous demande de « faire justice », a déclaré l’Église Unie du Canada. Cela veut dire « rechercher des relations justes, soutenir les opprimés, dire la vérité au pouvoir, surtout quand elle est coûteuse, et défendre la dignité de toutes les personnes, toutes créées à l’image de Dieu. »
La plus importante Église protestante du Canada reconnaît ne pas avoir toujours réagi adéquatement « à l’oppression de l’occupation illégale d’Israël qui dure depuis des décennies, aux crimes de guerre du Hamas le 7 octobre 2023, à la violence génocidaire actuelle des Forces de défense d’Israël contre la population de Gaza, ainsi qu’aux bombardements et aux expulsions forcées des Palestiniens à Jérusalem-Est et en Cisjordanie ».
« Les alarmes qui avertissent les habitants du Moyen-Orient de se mettre à l’abri des bombes et des missiles sont aussi un avertissement à la communauté internationale, y compris aux Églises », a aussi lancé l’Église Unie du Canada qui déplore que, dans ce conflit, « le silence et l’inaction sont synonymes de complicité ».
Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada a exhorté les fidèles catholiques « à prier et à jeûner pour la paix ».
« La prière est un instrument très puissant, capable de mettre fin aux divisions, de changer les cœurs, d’ouvrir les esprits et de donner un nouveau départ à des situations qui semblent impossibles », a rappelé Mgr William T. McGrattan, qui est aussi évêque de Calgary.
Mais il faudra plus que des prières, estime Pax Christi International, pour résoudre ce conflit. L’organisme catholique a donc invité toutes les parties engagées dans le conflit au Moyen-Orient « à reprendre les négociations et à établir un accord de paix qui reconnaisse et protège la dignité et les droits des Palestiniens et des Israéliens, en les traitant sur un pied d’égalité ».
Ce mouvement pacifiste, fondé par des catholiques français et allemands en 1945, a déploré que « la communauté internationale continue de mettre en œuvre des solutions temporaires, dans l’espoir de protéger des intérêts économiques, en particulier ceux liés à Israël, tout en retardant un dialogue essentiel et une action juridique décisive ».
« Pour soutenir les efforts de paix, nous devons interdire la vente et la livraison d’armes à Israël et aux groupes armés, cesser toute coopération militaire qui alimente le conflit, garantir un cessez-le-feu immédiat et continu et rétablir l’aide humanitaire à ceux qui en ont désespérément besoin. »
Dans une déclaration uniquement disponible en anglais, le Conseil œcuménique des Églises (COE) a rappelé qu’au cours de l’attaque des combattants du Hamas contre Israël « de nombreuses atrocités ont été commises en violation totale des principes les plus fondamentaux du droit international et de la morale ». Cette attaque du 7 octobre 2023 est aussi « devenue le catalyseur d’une année d’escalade et d’aggravation du conflit ».
Le COE rappelle par exemple que « les éléments extrémistes de la société israélienne ont notamment intensifié leurs menaces et leurs attaques contre les communautés chrétiennes, le clergé, les Églises et les institutions, dans la plupart des cas sans sanction pénale ».
En ce 7 octobre, le COE invite toutes ses Églises membres « à prier et à agir pour la paix en Terre Sainte, à étendre leur solidarité à toutes les personnes touchées et menacées par l’escalade de la violence dans la région, et à exhorter tous ceux qui sont responsables de la fourniture et de l’utilisation des armes de guerre à se détourner de la violence et à s’engager sur la voie de la paix ».
« Aujourd’hui, nous prions pour que le désir de paix et de justice l’emporte sur l’obsession permanente de la guerre et de la violence. »
















































