Le Canada doit suspendre ses relations diplomatiques avec Israël et lui imposer des sanctions, à moins que cette « puissance occupante » ne se conforme à un avis consultatif rendu récemment par la Cour internationale de justice (CIJ).
Dans une lettre qu’il a remise il y a deux semaines au premier ministre Justin Trudeau mais qu’il vient tout juste de rendre publique, le secrétaire général de l’Église Unie du Canada, le pasteur Michael Blair, demande « au Canada d’adopter une position aussi courageuse en faveur de la justice ».
Le pasteur Blair rappelle que la CIJ, dans sa déclaration du 19 juillet 2024, était d’avis que « l’affirmation par Israël de sa souveraineté sur certaines parties du Territoire palestinien occupé et l’annexion de celles-ci constituent une violation de l’interdiction de l’acquisition de territoire par la force ». Israël doit être considérée comme « une puissance occupante » qui prive le peuple palestinien de son droit à l’autodétermination, a aussi déclaré la CIJ.
Parce qu’Israël ignore depuis cet avis juridique, l’Église Unie du Canada exhorte le gouvernement canadien « à suspendre immédiatement ses relations diplomatiques avec Israël et à lui imposer des sanctions économiques et politiques légitimes et ciblées, comme il l’a fait contre l’Afrique du Sud pendant l’apartheid ».
Cessez-le-feu
« Force est de constater que la communauté internationale doit prendre position plus fermement pour que le peuple palestinien puisse exercer son droit à l’autodétermination, voire son droit d’exister », ajoute le secrétaire général de la plus grande Église protestante au Canada.
Le pasteur Blair reconnaît que le Canada a multiplié les déclarations en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza. Toutefois, il estime « qu’il faut faire beaucoup plus pour que les politiques et les mesures mises en œuvre par le Canada soient conformes à l’avis consultatif de la CIJ » et « il reste beaucoup à faire si l’on souhaite amener Israël à cesser l’occupation, à mettre fin aux offensives militaires contre les civils et à respecter le droit international », a-t-il soutenu.
« L’Église Unie du Canada a écrit à de nombreuses reprises au gouvernement du Canada pour demander que des efforts supplémentaires soient faits pour garantir l’instauration d’une paix juste en Palestine et en Israël, ajoute-il, mais c’est la première fois qu’elle réclame que de telles sanctions soient imposées par le Canada à l’État d’Israël, car il est évident que la diplomatie discrète est un échec. »
Sans plus attendre, le Canada devrait « révoquer les pouvoirs de l’ambassadeur d’Israël au Canada », « imposer un embargo bidirectionnel complet sur le commerce des armes avec Israël » et « condamner les attaques des Forces de défense d’Israël (FDI) prenant pour cibles des écoles ainsi que tous les actes de violence perpétrés contre la population civile » à Gaza et en Cisjordanie.
« L’Église Unie vous saurait gré de traiter cette affaire vitale avec l’urgence qui s’impose », demande le pasteur Blair au premier ministre.
Le secrétaire général termine sa lettre en sollicitant « une rencontre en personne » avec Justin Trudeau afin de discuter « de la façon dont l’Église et le gouvernement peuvent collaborer à l’appui d’une paix juste et durable en Palestine et en Israël ».
















































