Lors du Jubilé de l’an 2000, 640 000 citoyens canadiens ont apposé leur nom au bas d’une pétition qui demandait que le Canada annule la dette des pays les plus pauvres.
Vingt-cinq années plus tard, des organisations chrétiennes du Canada lancent une pétition semblable afin de «mettre fin à la crise croissante de la dette mondiale».
Le Conseil canadien des Églises, Kairos Canada, le Bureau des congrégations religieuses pour l’écologie intégrale (BCRÉI) ainsi que les organismes Citizens for Public Justice et Développement et Paix espèrent recueillir d’ici la fin de l’année 2025 quelque 100 000 signatures au Canada.
«Plus de 3,3 milliards de personnes vivent dans des pays qui consacrent plus d’argent au remboursement de la dette qu’à la santé ou à l’éducation, faisant ainsi obstacle au développement durable», indique le préambule de cette pétition que les citoyens peuvent signer en ligne. Son libellé, disponible en français, en anglais et en espagnol, se trouve dans le site Web de Kairos Canada.
On y déplore aussi que «dans de nombreux pays, les remboursements de la dette dépassent de loin les dépenses consacrées à l’action climatique et à la lutte contre les effets de la crise climatique» et que, dans les pays les plus endettés, la dette publique «est devenue si importante qu’il est impossible de la rembourser, ce qui pèse sur les générations futures».
Des groupes œcuméniques et sociaux du monde entier entendent faire signer une telle pétition. «L’objectif mondial est de recueillir 10 millions de signatures en mettant l’accent sur l’annulation de la dette, la réforme financière internationale et la justice climatique», indique Kairos Canada lors du lancement de cette initiative.
L’organisme œcuménique rappelle que les dirigeants du Groupe des sept (G7) se réuniront en juin 2025 à Kananaskis, en Alberta. Kairos et ses partenaires entendent profiter de ce forum afin d’«exhorter le Canada à inscrire l’annulation et la restructuration de la dette à l’ordre du jour» de cette rencontre.
La campagne mondiale, de son côté, demandera l’annulation de la dette lors du sommet des dirigeants du G20 en Afrique du Sud. Hôte de cette rencontre, ce pays a déjà indiqué qu’il plaidera en faveur d’une «réforme de l’architecture de la dette mondiale».
Une campagne réussie
De 1998 à 2001, à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, c’est une coalition appelée l’Initiative œcuménique canadienne pour le Jubilé (CEJI) qui a coordonné la toute première campagne d’annulation de la dette des pays pauvres.
En récoltant alors 640 000 signatures, CEJI a ainsi mené «la campagne de plaidoyer confessionnel la plus réussie du pays». Ce succès sera à l’origine de la création de l’organisme KAIROS. Rappelons que la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a quitté les rangs de cette coalition œcuménique en 2016.
«Les Églises canadiennes sont depuis longtemps engagées dans la défense publique de la justice économique au Canada et à l’étranger», estime le pasteur Peter Noteboom, le secrétaire général du Conseil canadien des Églises.
Il rappelle que «l’annulation des dettes injustes est un thème très présent dans les Écritures, depuis l’enseignement du Jubilé dans le Lévitique jusqu’au premier sermon de Jésus, en passant par le Notre Père». Le pasteur Noteboom est convaincu que «toutes les personnes croyantes se reconnaîtront dans l’engagement de cette campagne à restaurer la dignité humaine et l’intégrité de la création».
















































