Des négociations sont en cours pour la vente de la Chocolaterie des pères trappistes à Dolbeau-Mistassini au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mais avant, la MRC de Maria-Chapdelaine a fait une offre pour acheter à 3 millions de dollars la propriété des moines estimée à 5 millions.
Avant le départ des moines du Saguenay-Lac-Saint-Jean, prévu le mois prochain, les deux entités devront être vendues, confirme à Présence Clément Charbonneau, supérieur du monastère Notre-Dame-de-Mistassini.
La chocolaterie sera cédée à une entreprise locale, mais le bâtiment dans lequel elle se trouve n’est pas concerné par la vente. Il sera loué au repreneur de la chocolaterie par la future propriétaire des lieux, qui sera probablement la Municipalité régionale de comté (MRC) de Maria-Chapdelaine.
Le commerce changera d’appellation et son acquéreur ne pourra pas se servir du nom ‘’trappistes’’. « Le reste peut aller, mais ‘’trappistes’’ devra disparaître du nom de l’entreprise », réitère Clément Charbonneau.
La priorité des moines est de maintenir dans la région l’entreprise, qui emploie une vingtaine de personnes. Pendant la période de fabrication des chocolats de Pâques, l’établissement compte jusqu’à 45 travailleurs.
« L’important pour nous, c’est que nos employés restent sur place et continuent à avoir du travail. Le danger est que, si on vend une entreprise de l’extérieur, ou de Montréal ou d’Ottawa ou même de Québec, c’est qu’éventuellement le bâtiment ici ferme, et ils rapatrient la production chez eux. Là, les employés se trouvent le bec dans l’eau », présume le supérieur du monastère.
L’équipe de gestion de la chocolaterie, chapeautée par deux directeurs généraux, est confiante quant à l’avenir de l’entreprise.
« La chocolaterie ne fermera pas, peu importe ce qu’ils vont faire avec dans l’avenir. […] La chocolaterie va perdurer dans le temps et la chocolaterie même veut aussi faire perdurer dans le temps l’histoire des pères trappistes », avait soutenu, il y a quelques mois, Joël Lavoie, codirecteur général et directeur de production de l’établissement.
Offre d’achat pour le monastère
Avant le 15 novembre, les pères trappistes espèrent conclure aussi un contrat de vente de leur propriété avec la MRC de Maria-Chapdelaine. Le 5 octobre, cette dernière a exercé un droit de préemption pour l’achat de la bleuetière du monastère que voulait acquérir l’entreprise Bleuets Fortin, au coût de 2 millions de dollars.
La MRC va racheter cette plantation de bleuets au même montant et propose de prendre tout le reste du domaine des moines à 1 million de dollars.
L’offre d’achat « déposée » par l’institution est donc de 3 millions de dollars. La MRC précise que les deux tiers du montant serviront à acquérir les terres des moines. Les retombées financières que va générer la location de celles-ci seraient réinvesties dans la communauté. Le reste de la somme, soit 1 million de dollars, permettra d’acheter le monastère, sans la chocolaterie.
« […] Nous avons une grande volonté d’optimiser ce site et nous allons analyser les différentes façons de mettre en valeur tout le potentiel de ces terres et du monastère, tout en respectant leur histoire exceptionnelle », s’est engagé Luc Simard, préfet de la MRC.
Guylaine Proulx, mairesse de Péribonka a, pour sa part, mentionné qu’à travers cette offre d’achat, le Conseil de la MRC a posé « un geste concret en faveur de notre développement local. »
Offre toujours attendue
Le communiqué de la MRC, qui dévoilait l’offre, indiquait que le projet serait financé à partir des excédents budgétaires de l’institution: « Aucun emprunt n’est prévu pour ce projet. »
Les pères trappistes, qui espéraient vendre leurs biens à 5 millions de dollars, recevront 3 millions de dollars. Ils n’hésitent pas à parler d’une vente au rabais.
« On est conscient que c’est une offre à rabais, on accepterait l’offre, mais elle n’est pas encore présentée; ça ne va pas tarder », révélait à Présence, hier 10 octobre, le père Clément Charbonneau.
Restent quelques détails à régler concernant le sort du bâtiment de la chocolaterie et son chemin d’accès. Les deux infrastructures appartiennent à la chocolaterie et n’étaient pas prévues dans la transaction. L’entreprise sera vendue, mais pas son bâtiment.
Ces questions seront-elles tranchées avant la conclusion d’une entente de vente? « Je ne sais pas, on espère que le tout va se régler d’ici la fin du mois », attend le moine, confiant.

















































