Après plus d’un an de réflexion et l’offre jugée « intéressante » d’une entreprise locale désireuse d’acquérir une partie du domaine du monastère Notre-Dame-de-Mistassini au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la MRC de Maria-Chapdelaine se réunira cette semaine pour faire sa proposition d’achat aux pères trappistes.
La Municipalité régionale de comté (MRC) de Maria-Chapdelaine dispose de moins d’une semaine pour exercer son droit de préemption sur une partie du domaine appartenant aux moines. Ce droit place l’institution en première position sur la liste des acquéreurs potentiels de la propriété des pères de Dolbeau-Mistassini, mise en vente depuis un an.
En août dernier, l’entreprise Bleuets Fortin entendait devenir propriétaire de la bleuetière des pères trappistes. Elle a signé avec eux une entente qu’ils jugeaient si intéressante qu’ils étaient prêts à céder d’abord, dans le processus de vente, juste cette partie-là.
L’idée de départ qui était de vendre le monastère dans son ensemble venait d’être écartée.
Dans la région, on n’hésite pas à avancer que la MRC est mise sous pression avec l’offre d’achat introduite par l’entreprise locale. D’où certaine impatience à la voir réagir.
Plans de la MRC pour le monastère
On est encore intéressé et on va faire publiquement une proposition aux pères, a déclaré à Présence Luc Simard, préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine.
« C’est très important pour nous, on ne veut pas qu’un privé acquière ça pour mettre des clôtures dessus et empêcher les gens d’y avoir accès. On veut que l’ensemble du territoire, incluant la bleuetière, reste dans la population. On veut y réaliser un projet global dans l’ensemble », assure M. Simard.
Le préfet n’imagine pas la propriété des pères trappistes, qui mesure 1400 hectares, sans sa bleuetière. Son institution a même un projet pour celle-ci et pourrait y mettre en valeur le bleuet.
« Pour nous, la bleuetière fait partie du territoire et il y a des accès là-dessus, il y a des droits de passage aussi au niveau récréotouristique. On veut consolider tout ça », réitère le préfet. Il ajoute qu’un parc régional sera aménagé sur le site: « c’est un projet global de développement touristique et récréatif dans ce secteur. »
Ce projet pourrait regrouper également le parc de la Pointe-des-Pères qui est un parc municipal, le Centre plein air Do-Mi-Ski et le sentier menant au monastère.
Deux offres séparées
Depuis les deux dernières semaines, la MRC a rencontré deux fois les pères trappistes pour des renseignements complémentaires et préciser ses intentions.
« À cause de la bleuetière, ils sont tenus de faire l’offre au plus tard mardi prochain. Donc, le reste pour lequel ils sont intéressés aussi, ça, ils ne sont pas obligés théoriquement de le faire », laisse entendre le supérieur du monastère, Clément Charbonneau.
Dans le processus de vente du monastère, la MRC pourrait évoluer en deux étapes: faire une offre pour la bleuetière et attendre un autre acquéreur potentiel du reste du domaine pour présenter une nouvelle proposition, grâce à son droit de préemption.
Sinon, elle pourrait introduire cette semaine deux offres séparées pour la propriété des pères trappistes: une pour la bleuetière, qui doit être équivalente à celle faite par l’entreprise Bleuets Fortin, et une autre pour le reste de la propriété.
Prix à la baisse
Même si au départ, tout le domaine a été évalué à cinq millions de dollars, les moines n’espèrent pas empocher une telle somme. On admet qu’il peut y avoir des « rabais » et des « négociations ».
Par exemple – aucun prix n’a été avancé officiellement – si la bleuetière coûtait un million de dollars, le reste du domaine reviendrait à quatre millions de dollars. Et au sujet de ce dernier montant, il pourrait y avoir des négociations.
« Quand on a fait faire une étude sur la valeur de la propriété, la bleuetière représentait beaucoup plus en argent que sa superficie. C’est payant la bleuetière », affirme le père Clément Charbonneau.
« Même si la bleuetière représente 15 à 20% de la propriété en termes de superficie, la valeur totale vaut plus que 15 à 20% de toute la propriété », répète le supérieur du monastère.

















































