L’entreprise Bleuets Fortin pourrait être la première à acquérir au Saguenay-Lac-Saint-Jean une partie du domaine du monastère Notre-Dame-de-Mistassini si la MRC de Maria-Chapdelaine ne se décidait pas pour un achat dans moins de deux semaines.
« Comme c’est juste une portion, la MRC a le choix d’acheter juste cette portion pour l’instant, et d’attendre pour acheter le reste ou faire une offre pour toute la propriété. Mais pour cette portion-là, ils doivent se commettre avant le 10 octobre ou ils la perdent », prévient le père Clément Charbonneau. Il évoque ainsi l’offre d’achat faite par l’entreprise de Dolbeau-Mistassini, Bleuets Fortin.
C’était en juillet 2022 que les pères trappistes ont pris la décision de vendre leur domaine. « On a une grande propriété: toute la propriété qui est zone agricole, qui est en partie en culture et en partie en boisé. Il y a aussi une petite partie en bleuetière et le bâtiment et les garages, tout est à vendre », vantait à Présence Clément Charbonneau, supérieur du monastère.
La Municipalité régionale de comté (MRC) de Maria-Chapdelaine fait partie des acheteurs potentiels.
Elle avait visité les lieux et soulignait « les grands potentiels de développement et la vocation collective qui va être donnée pour ce qui est de la culture, des loisirs et des sports. »
Ce sont les mots du préfet Luc Simard, lors d’une séance publique de la MRC, où l’institution a décidé de se prévaloir d’un droit de préemption pour le secteur du monastère Notre-Dame-de-Mistassini.
« Ça veut dire que si on a une offre de quelqu’un d’autre, ils ont 60 jours pour égaler l’offre et, à ce moment-là, ils ont droit de premier achat », a expliqué l’abbé du monastère.
Bleuets Fortin
En août dernier, l’entreprise Bleuets Fortin a conclu avec le monastère une entente faisant « une offre intéressante » pour acquérir seulement la bleuetière.
À en croire le père Charbonneau, l’entreprise possède déjà une bleuetière sur un terrain que lui auraient vendu les pères trappistes voilà quelques décennies. Bleuets Fortin loue aussi auprès du monastère une partie de son domaine.
« Dans l’entente de l’époque, c’était dit que si on vendait, il fallait leur offrir cette portion-là. Donc quand on a commencé à avoir des offres, ils nous ont approché pour dire qu’ils sont intéressés à acheter cette portion-là », rapporte le supérieur du monastère.
L’offre d’achat aurait été soumise à la MRC le 11 août dernier. L’institution disposait de 60 jours pour faire valoir son droit de préemption, mais elle composera avec la nouvelle donne.
Si elle s’engage à acquérir la bleuetière, la MRC devra débourser le même montant que celui qui a été prévu par l’entente entre le monastère et l’entreprise locale. « Il faut vraiment qu’ils nous offrent le même prix, sinon la vente devient définitive avec l’autre. On ne peut pas retarder et on ne veut pas changer d’idée non plus », affirme-t-on au monastère.
Les pères trappistes pensent que la MRC a encore des chances d’acheter la propriété, mais à une condition: « Ce qu’ils peuvent faire, c’est de nous donner le montant pour la bleuetière et nous dire: ‘’Nous on veut la bleuetière; pour le reste de la propriété on vous offre tant par exemple’’ », suggère le supérieur du monastère.
Présence a entrepris des démarches auprès du préfet de la MRC afin d’obtenir ses explications, mais il n’avait pas rappelé jusqu’à la publication de cet article. Même chose du côté de l’entreprise Bleuets Fortin.
Ajustement du prix
Pour l’heure, les moines risquent de quitter les lieux en novembre prochain sans avoir pu les vendre en totalité. Au cas où la bleuetière seule serait vendue, ils devront revoir à la baisse le coût de la propriété. Le domaine était évalué à cinq millions de dollars.
« La première offre c’était avec la bleuetière. On ajuste l’offre puisque cette partie du terrain ne nous appartiendra plus », reconnaît le père. Il ajoute que normalement, la propriété ne devrait pas être scindée.
« Mais eux (Bleuets Fortin) avaient une espèce de droit légal pour cette portion-là. Donc c’est là où ça s’est joué. On a décidé carrément de leur céder, vu que c’est intéressant », confesse l’abbé du monastère.

















































