Le projet musical Vanille, devenu le surnom de son autrice Rachel Leblanc, se démarque de la scène contemporaine par l’importance que prend l’art sacré et les églises dans sa promotion. À son deuxième album, la chanteuse s’est produite trois fois dans des lieux de culte et espère le faire davantage.
D’abord à Montréal dans la paroisse catholique Saint-Édouard, puis à la salle du Monastère de la cathédrale anglicane Christ Church, elle s’est également rendue à Rivière-du-Loup pour donner un spectacle à Saint Bartholomew. « Les églises ont inspiré ma musique dès le départ, donc ça vient vraiment boucler la boucle. Le public a aussi trouvé que ça avait du sens de présenter mes chansons là », explique l’artiste.
Pour jouer dans de tels lieux, elle précise ne pas avoir eu de contrainte particulière quant à sa mise en scène ou ses pièces. Les différentes administrations ont cependant voulu entendre préalablement ses mélodies afin d’avoir une idée de ce qui serait interprété dans leur salle. Elle a eu des commentaires positifs après ses représentations.
Esthétique du passé
Les mélodies de Vanille n’ont cependant rien d’explicitement religieux, y compris depuis ses débuts en 2016. Son style se rapproche de la musique des années 1960, évoquant comme comparatifs Françoise Hardy et France Gall, mélangé à des imaginaires folk et psychédélique. L’artiste dit aussi s’inspirer d’auteurs anglais lors de l’écriture de ses chansons. Elle juge leur langage très poétique, romantique, axé sur la nature, plus imagé que concret.

Dans son dernier album, La clairière, elle utilise l’orgue, le clavecin et d’autres instruments moins actuels « pour chercher une essence plus lointaine ». Il y a pour Vanille « quelque chose d’apaisant, de réconfortant, de replonger dans ces choses qui sont comme des racines et que je me réapproprie dans une appréciation de l’art ».
L’identité visuelle de cet album se calque plus encore sur l’art médiéval, qui la fascine. « C’est un univers mythique, ancien et figé dans le temps. Même si je ne suis pas chrétienne, quand on voit la précision et toute la technique je me dis qu’il n’y a rien d’aussi beau qui ait été fait dans l’Histoire ».
Cet amour de l’art religieux est également nourri par l’architecture ecclésiale, dont elle publie souvent des images sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, la joie était visible sur le visage de l’artiste en découvrant l’église Saint-Viateur d’Outremont, où s’est déroulée cette entrevue.
Bien que Rachel Leblanc ait passé les 12 premières années de sa vie dans une église évangélique, c’est par le film qu’elle développe plus tard son intérêt pour le religieux et l’histoire de l’art. Elle s’est penchée sur la religion au cinéma lors de ses études, à travers entre autres l’Andreï Roublev d’Andreï Taskovski et Winter Light d’Ingman Bergman.
Une expérience spirituelle
N’ayant actuellement pas d’appartenance religieuse, Vanille exprime tout de même « un fort sentiment d’unicité avec le monde et ce qui a été fait avant ». Elle ajoute que « musicalement c’est un peu ma façon de vivre cette transcendance que je ressens, de faire partie d’un tout ».
Il y a pour la chanteuse quelque chose de « mystique dans ce qui est ancien » qu’elle décrit comme « un caractère indéchiffrable et un univers de symboles, comme un trésor qu’on découvre ». À son niveau, qu’elle juge bien modeste, elle se sent « comme un petit artisan qui essaie de faire vibrer mon essence dans mon art ».
Elle explique qu’il y a quelque chose de spirituel à jouer sur scène. « Être devant des gens qui sont en communion avec toi par la musique, ça unit les êtres dans la salle d’une manière qui n’est pas tangible », résume-t-elle.
Alors que Vanille prépare son prochain album, qui sera un retour vers la sunshine pop de son premier, elle assure ne pas abandonner le folk pastoral pour autant. Avant la sortie de cet opus, elle présentera un EP de six chansons en collaboration avec le duo Corail qui sera disponible le 7 juin.















































