Étant à l’extérieur du Québec, je viens de prendre connaissance de cette célébration, tenue à Québec le dimanche 28 janvier et qui soulignait le 350e anniversaire de l’archidiocèse de Québec ainsi que la Journée de la vie consacrée.
Les circonstances ont fait que ce fut juste après la publication d’allégations portées contre le cardinal Lacroix, ainsi que la présentation de l’émission Enquête par Radio-Canada. Ce reportage dénonçait des irrégularités financières de la part de groupes religieux, en divulguant des attitudes qui ne correspondent pas aux valeurs évangéliques.
Je suis moi-même religieuse et j’accompagne des personnes souffrantes, impliquant très souvent l’aspect de la sexualité mal orientée.
Je suis profondément touchée par le message de madame Paméla Groleau qui devient porte-parole de victimes d’abus. Elle a toute mon admiration. Je regrette les commentaires négatifs à son sujet de la part de personnes consacrées. Oui, le cardinal Lacroix doit vivre des moments pénibles. Mais que dire de la souffrance cachée et jamais connue des victimes présumées d’abus sexuels. Ma pensée va particulièrement aux victimes trop souvent silencieuses. Elles portent une lourde croix qui a de graves conséquences dans leur vie.
Depuis plus de quarante ans, j’ai dénoncé à qui de droit, particulièrement aux autorités religieuses, des situations d’abus de la part de leurs membres. Pas besoin de dire que tout s’est retourné contre moi, ma communauté et ma profession. Ce fut toute une confusion, mettant en doute mes compétences.
Je veux simplement demander que l’on mette fin à la maltraitance des victimes en ignorant les faits endurés et en les traitant gratuitement de « comploteurs » qui ne cherchent qu’à obtenir de l’argent. Sachant qu’en de rares cas, des dénonciations reconnues fautives ont été portées, cela ne justifie pas les conduites déviantes d’un grand nombre de représentants de l’Église..
Oser prendre la parole dans de telles circonstances est très pénible. C’est ce qui explique le silence de la majorité des victimes d’abus sexuels. Mais la pointe de l’iceberg ne doit pas faire nier la réalité.
Je demande à Dieu de bénir ceux et celles qui ont le courage de dénoncer ces actes pervers. Je comprends aussi tous les autres, toutes les autres, qui gardent le silence pour survivre à ces événements complexes et remplis de confusion.
Le refus d’avouer la réalité empêche l’évolution humaine et spirituelle. La mission de l’Église est d’accueillir la personne en détresse, de l’aider à se mettre debout et à vivre en toute dignité.
Je regrette cet oubli de dimanche dernier. On a omis de prier pour toutes les victimes. On a raté une si belle occasion de dire: « Prions pour les nombreuses personnes qui ont été violées et abusées par des membres rattachés à l’Église, et cela à travers le monde ».
La reconnaissance et la réparation de ces fautes sont essentielles pour marcher à la suite de Jésus, notre Sauveur.
La faute est immense et elle doit être confessée.
On ne peut pas nier tout le bien reçu de la part de toutes ces personnes engagées dans la vie consacrée. Je suis témoin de tant de don de soi, de dévouement gratuit et de style de vie pauvre. Malheureusement, des membres ont, à partir de leur mal-être teinté ce tableau évangélique en situations destructrices. Des taches obscures empêchent de voir le merveilleux des dons. L’émission Enquête du 25 janvier l’a bien démontré.
Il est bon que la vérité se fasse connaître. C’est inévitable de constater que le scandale étouffe la grâce. L’Église est dans son temps de purification. Elle doit l’accepter et la vivre. Le mal est très fortement entré dans l’Église. La dévastation est grande. Nous assistons même à un déclin impressionnant du monde religieux.
Mais il ne faut pas oublier le petit reste voué à son peuple qui trouve lumière et force uniquement en Dieu.
Nos guides sont rares, mais le Christ est présent.
Marie-Paul Ross, m.i.c.
Docteure en sexologie clinique
















































