Le mardi 12 mai, en consultant en ligne leur relevé de carte de crédit, quelques centaines de sympathisants de Développement et Paix ont découvert qu’au beau milieu de la nuit, ils ont effectué un «achat» auprès de cet organisme de coopération internationale.
Tôt le matin, les donateurs qui ont questionné les responsables montréalais de Développement et Paix au sujet de cette transaction irrégulière, ont appris qu’un «problème technique temporaire a entraîné le traitement involontaire de certaines transactions sur votre carte de crédit».
«Moins de 1% de nos donateurs a été affecté par ce problème», indique Shelley Davidson, directrice des finances et de la conformité à Développement et Paix. Invitée à préciser ce pourcentage, elle reconnaît que «moins de 1000 donateurs», qui ont auparavant versé une contribution à l’organisme en utilisant leur carte de crédit, ont été touchés par ce prélèvement nocturne.
Elle explique que Développement et Paix a mis en place en 2022 un système de gestion des dons qui effectue l’émission des reçus ainsi que les paiements par carte de crédit. «Quand on a initié ce système, on a aussi importé l’ensemble de nos transactions précédentes», dit-elle.
Développement et Paix a sans délai «entrepris les remboursements complets» des transactions effectuées par erreur.
En consultant cet historique des dons, Développement et Paix peut mener, par exemple, des analyses approfondies sur la fréquence des dons ou encore identifier les intérêts des donateurs réguliers ainsi que les moments de l’année où ils sont les plus généreux.
Mme Davidson croit qu’une mise-à-jour récente d’une API (l’interface de programmation qui assure les communications entre deux services informatiques, ceux de l’organisme et celui de l’émetteur d’une carte de crédit) a omis d’identifier des transactions anciennes comme étant déjà complétées.
«Imaginons qu’en 2017, vous avez fait un don de 45 $. Si la mise-à jour de l’API n’a pas coché que ce paiement avait été effectué des années plus tôt, il est possible que mardi on ait prélevé de nouveau une somme de 45 $ sur votre carte de crédit.»
«On n’est pas ici devant un enjeu de sécurité», dit la directrice des finances de Développement et Paix. De plus, elle assure qu’aucune donnée personnelle ou bancaire n’a été compromise lors de cet incident informatique.
Remboursement complet
Mardi, son équipe a expliqué par courriel à des centaines de donateurs qu’«un problème technique temporaire entre certains de nos systèmes a entraîné le traitement involontaire de certaines transactions sur votre carte de crédit».
Développement et Paix a sans délai «entrepris les remboursements complets» des transactions effectuées par erreur.
L’organisme reconnaît toutefois que ce remboursement ne sera pas immédiat. «Selon les délais de votre institution financière, il pourrait prendre quelques jours ouvrables avant d’apparaître sur votre relevé», explique-t-on aussi.
L’organisme ne connaissait pas les adresses électroniques du quart de ces donateurs involontaires. «On leur a téléphoné, un à un, pour les mettre au courant de la situation», dit Shelley Davidson. «On prend cela très au sérieux.»
Le rapport annuel 2024-2025 de Développement et Paix indique que l’organisme a reçu 12,7 M$ de la part de donateurs individuels. Ces dons ont été versés durant sa campagne annuelle Carême de partage (4 M $) ainsi que lors d’autre collectes de fonds y compris pour des secours d’urgence (6,1 M$). Cette année, Développement et Paix a aussi reçu 35 dons testamentaires d’une valeur de 2,6 M$.
Prix œcuménique au Festival de Cannes
Le 79e Festival de Cannes, qui se tient du 12 au 23 mai 2026, aura encore une fois son jury œcuménique. Formé de six membres, il est présidé par la norvégienne Annette Gjerde-Hansen, doctorante à la Faculté de théologie de l’Université d’Oslo et rattachée au Volda University College, où elle enseigne la religion, les médias et la culture populaire.
«Dans un monde polarisé, le Prix œcuménique peut affirmer le pouvoir unique du cinéma d’inspirer la réflexion, la solidarité et l’espoir au-delà des frontières culturelles et religieuses», dit la présidente du jury. Selon elle, le cinéma «est l’une des formes artistiques les plus riches et, à bien des égards, le média le plus puissant et le plus influent».
Cela fait maintenant 52 ans que les associations internationales Signis et InterFilm (la première est catholique, la seconde, protestante) animent ce jury œcuménique qui récompense, au Festival de Cannes, un film de la compétition officielle qui est remarqué pour ses valeurs artistiques, humaines et spirituelles.
Cinq films canadiens ont obtenu à ce jour le Prix œcuménique au Festival de Cannes. Ce sont Juste la fin du monde (Xavier Dolan), Jésus de Montréal (Denys Arcand), De beaux lendemains (Atom Egoyan), Adoration (Atom Egoyan) et J. A. Martin, photographe (Jean Beaudin).
Plus d’éducation aux médias et à l’IA, recommande le pape
Dans son message pour la 60e Journée mondiale des communications sociales – soulignée partout dans le monde le dimanche 17 mai – le pape Léon XIV reconnaît que «ces dernières années, les systèmes d’intelligence artificielle (IA) prennent de plus en plus le contrôle de la production de textes, de musique et de vidéos».
«Il est important d’éduquer et de s’éduquer à utiliser l’IA de manière intentionnelle.»
pape Léon XIV
Il s’inquiète toutefois que «les chefs-d’œuvre du génie humain dans le domaine de la musique, de l’art et de la littérature» puissent dorénavant être réduits «à un simple terrain d’entraînement pour les machines».
«La question qui nous tient à cœur, cependant, n’est pas ce que la machine peut ou pourra faire, mais ce que nous pouvons et pourrons faire, en grandissant en humanité et en connaissance, grâce à une utilisation judicieuse des outils puissants à notre service», écrit le pape dans son message intitulé Préserver les voix et les visages humains.
Il conseille de mettre en place des programmes d’éducation aux médias, à l’information et à l’IA.
«Il est important d’éduquer et de s’éduquer à utiliser l’IA de manière intentionnelle et, dans ce contexte, de protéger sa propre image (photos et audio), son visage et sa voix, afin d’éviter qu’ils ne soient utilisés dans la création de contenus et de comportements nuisibles tels que la fraude numérique, le cyber-harcèlement, les hypertrucages qui violent la vie privée et l’intimité des personnes sans leur consentement.»
















































