Le Réseau Femmes et Ministères met fin à ses activités. Ses membres viennent tout juste de voter unanimement en faveur de la dissolution de ce collectif fondé en avril 1982.
Cette fermeture, un geste « bien réfléchi », demeure néanmoins « un moment éprouvant de notre histoire de femmes en Église », a déclaré Annine Parent, la présidente de Femmes et Ministères, aux dix membres de ce groupe réunis à Québec ce mercredi 27 mars.
« Ce n’est pas sans émotions que je vous présente ce dernier rapport en tant que présidente du Réseau Femmes et Ministères », a dit celle qui fut répondante à la condition féminine et directrice du Service de la pastorale de l’archidiocèse de Québec. Aujourd’hui à la retraite, Annine Parent a participé, avec cinq autres femmes, à la fondation même de ce réseau.
« Je dois vous avouer que divers sentiments m’habitent présentement. Mon sentiment prédominant en est un de fierté devant tout le chemin parcouru depuis 40 ans pour la reconnaissance effective des femmes en Église. Et ce, malgré les difficultés et les interdits qui, maintes fois, ont ralenti nos élans sans freiner notre espérance. »
Cette dissolution est « une page difficile à tourner », a-t-elle aussi déclaré. « Un profond sentiment de tristesse et de déception m’habite devant cette confirmation officielle de la fin de 40 ans de travail pour la cause des femmes. »
Annine Parent souligne qu’à ses débuts, Femmes et Ministères avait « le vent dans les voiles » et voyait ses actions envers la promotion des femmes en Église être « portées par l’enthousiasme, les prises de conscience et la confiance partagés par différents groupes ou autorités ».
Mais un événement allait tout changer, soit la promulgation en 1994 de la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis qui interdisait de façon définitive l’accès des femmes au ministère sacerdotal.
Ce texte du pape Jean-Paul II « est venu modérer nos élans et briser le lien fraternel qui s’établissait positivement entre nous et nos frères évêques », reconnaît aujourd’hui la présidente de Femmes et Ministères.
« Par la suite, les contacts ont été plus distants et les avancées notables impossibles. »
Héritage
La présidente évoque ce « riche héritage de plus de quarante ans de recherches, de rencontres, de publications, de prises de parole, de collaborations et de contacts de tous genres » que laisse Femmes et Ministères.
Ce legs ne sera pas perdu, assure-t-elle, puisque l’hébergement des archives de ce réseau, « des traces tangibles de notre passage dans l’histoire des femmes au Québec », est en discussion avec l’Université Laval.
Elle annonce aussi que le contenu du site Femmes et Ministères sera sauvegardé dans les pages d’un autre site, celui de L’autre Parole, un collectif qui regroupe des féministes chrétiennes.
« Les personnes présentes sont émues et peinées. Mais elles sont aussi très fières de laisser un tel legs. Fières de ces 40 ans de travail pour la promotion des femmes en Église », dit la théologienne Pauline Jacob qui a participé à cette rencontre tenue à Québec.
















































