Près de 80 évêques se sont réunis à Montréal, du 22 au 26 septembre derniers, à l’occasion de l’Assemblée plénière annuelle de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Pour les participants, ce fut l’occasion d’examiner les réalisations de l’Église au pays durant l’année écoulée, de définir les orientations futures et d’élire un nouveau président.
Une année jubilaire marquée par un conclave et des défis sociaux
Dans son rapport, Mgr William McGrattan, président sortant de la Conférence des évêques catholiques du Canada, a rappelé la présence des évêques et cardinaux canadiens aux funérailles du pape François, décédé au printemps dernier, ainsi qu’au processus de désignation de son successeur, Léon XIV. Il a souligné que ces événements ont été les plus marquants la vie de l’Église catholique durant l’année écoulée.
Mgr McGrattan estime toutefois que le contexte de mutations constantes dans lequel s’inscrivent les croyants soulève de nombreuses préoccupations et constitue une interpellation pour l’Église catholique du Canada. «Nous connaissons une croissance accélérée des médias numériques, du génie biologique et de l’intelligence artificielle, dont chacun menace de compromettre la dignité de la personne humaine. Tels sont les ‘’nouveaux défis sociaux’’ de notre époque qui exigent que l’Église témoigne fidèlement de l’Évangile», prévient-il.
Le rapport a aussi porté sur les différentes initiatives que prend la CECC dans le cadre de l’année jubilaire ordinaire, dont le thème est Pèlerins d’espérance. Un comité chargé de préparer ce jubilé a été créé. Il a mis plusieurs outils à la disposition des diocèses, éparchies, paroisses, écoles et mouvements ecclésiaux. Au nombre de ces ressources figure la série de webinaires, Une grande symphonie de prière : Le Notre Père comme programme de vie. Cette réalisation de Josephine Lombardi, professeure de théologie au Séminaire Saint-Augustin de Toronto, a été reconnue comme un chef-d’œuvre par la Catholic Media Association.
Pour Mgr McGrattan, le jubilé est l’occasion de saluer la démarche du Comité permanent pour la famille et la vie, qui considère les familles comme «des sources vitales d’espérance qui incarnent l’amour de Dieu, protègent la vie et portent témoignage à l’Évangile dans la société.» Il a également insisté sur l’engagement notable des jeunes canadiens dans cette année jubilaire. En effet, ceux-ci étaient présents à Rome pour des célébrations eucharistiques et des prières avec le pape Léon XIV. Le président sortant de la CECC a également souligné la participation du Canada à la phase finale de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques.
Dettes des pays et conflits
Au-delà des participations à divers évènements religieux et de la mise à disposition de ressources pour mieux vivre l’Année jubilaire, la question de la remise des dettes des pays du Sud a fait l’objet du rapport présenté à l’Assemblée plénière annuelle de la Conférence des évêques catholiques du Canada. La Commission épiscopale pour la justice et la paix, un organe de la CECC, a rendu publique une lettre demandant l’annulation des dettes des pays pauvres.
«Cette lettre souligne les dommages et les dévastations causés par des dettes tant économiques qu’écologiques dans les nations où la nourriture, l’eau, l’éducation et les ressources financières sont déjà rares, ce qui est nuisible à leur développement», a plaidé Mgr Pierre Goudreault, évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, qui a lu le message au Saint-Père à l’ouverture de la séance.
Cette lettre s’inscrit dans la tradition de l’Année jubilaire ordinaire et répond à la demande du pape François d’annuler ces dettes : «Si nous voulons vraiment préparer la voie à la paix dans le monde, engageons-nous à remédier aux causes profondes des injustices, apurons les dettes injustes et insolvables et rassasions les affamés.»
Toujours sur le plan international, la CECC exprime sa préoccupation face à la montée des tensions, qui font de nombreuses victimes innocentes. En vue d’un retour de la paix en Terre sainte, elle invite les fidèles à la prière et au jeûne. «C’est une chose que tous les fidèles catholiques du Canada devraient se sentir appelés à faire, incités par les pertes de vies des deux côtés et conscients que Dieu désire la paix», a répété Mgr Goudreault,
Dossiers prioritaires

Au terme de leur rassemblement, les évêques canadiens ont élu Mgr Pierre Goudreault comme nouveau président de la CECC. Lors d’une conférence de presse donnée après son élection, le 26 septembre, Mgr Goudreault a présenté les temps forts de l’assemblée plénière, tels que l’adoption de la stratégie œcuménique nationale. Ce dispositif entend redynamiser le dialogue avec les autres religions et confessions chrétiennes. «Nous sommes engagés dans onze dialogues bilatéraux (…) et un dialogue multilatéral au sein du Conseil canadien des églises, qui représente en soi un regroupement de 26 églises chrétiennes», a fait valoir Mgr Goudreault.
Rendre l’Église canadienne plus synodale, poursuivre le processus de réconciliation avec les Autochtones et aider les fidèles catholiques à s’approprier les enjeux liés à l’intelligence artificielle sont autant de chantiers que se donne le nouveau président de la CECC.
Réactions des participants
Douglas Crosby, évêque de Hamilton, en Ontario, a confié à Présence avoir vécu «une bonne et très riche expérience au Québec» où il a rencontré les autres évêques : «Pendant l’année, on n’a pas beaucoup d’opportunités de se rencontrer, nous sommes dans nos propres diocèses», a-t-il reconnu. Mgr Michael Brehl, évêque de Pembroke, s’est réjoui que la rencontre ait permis de partager «beaucoup d’informations sur l’Église ici au Canada.»
« Vu du Québec, c’est une rencontre qui nous ouvre sur la réalité du Canada. On voit des situations assez similaires et c’est enrichissant d’avoir l’occasion de se retrouver et de partager les mêmes réalités», a ajouté Guy Boulanger, évêque du diocèse de Rouyn-Noranda. Mgr Martin Laliberté, évêque du diocèse de Trois-Rivières et président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, a mis aussi en lumière l’importance de la plénière : «c’est important d’être tous ensemble pour partager et regarder vers où on s’en va et d’où on vient.»
















































