Le 27 novembre dernier, l’Office de catéchèse du Québec a lancé en ligne sa toute nouvelle ressource qui marque un changement de ton au sein de cet organisme d’Église. Destiné avant tout aux adultes et aux parents, vivresafoi.org est conçu spécifiquement pour les chercheurs de nourritures spirituelles.
Si la participation à l’eucharistie est en chute libre, la quête spirituelle est de plus en plus populaire chez les adultes. Toutefois, cette recherche se réalise loin des institutions religieuses. L’Office de catéchèse du Québec (OCQ) a pris note de ce changement.
«Depuis ses débuts, l’Office s’est toujours consacré à créer du matériel pour les intervenants en pastorale qui œuvrent en paroisse ou dans les écoles. Cela ne suffit plus. Nous voulions offrir un site qui s’adresse à monsieur et madame tout le monde sans passer par un intermédiaire», explique Sophie Tremblay, chargée de projet à l’OCQ.
Pour ce faire, les créateurs du site ont opté pour la vulgarisation.
«Il est accessible pour les personnes qui ont un intérêt pour la spiritualité et pour la foi chrétienne. Ils n’ont pas besoin de posséder un gros bagage de connaissances pour le comprendre. Il est écrit dans un langage qui est moins religieux», souligne-t-elle.
Les textes sont à la portée de tous et écrit par des biblistes, des théologiens, des agents de pastorale.
Non seulement les mots sont choisis avec soin, les images qui illustrent le site font également l’objet d’une attention particulière.
«Notre webmestre et infographe, Josée Richard, réalise un travail extraordinaire avec les images. Elle fait ressortir la dimension religieuse à travers les choses qui sont humaines, séculières. Elle a la touche pour cela».
Les visiteurs de Vivre sa foi peuvent également consulter des vidéos, dont certaines proviennent de différents courants chrétiens, soulignant ainsi le caractère œcuménique du site.
«Nous avons plusieurs choses en commun avec les chrétiens des autres Églises. Nous trouvons des productions formidables comme, par exemple, les vidéos de Sam parle. C’est un chrétien évangélique. Nous avons sélectionné certaines de ses œuvres.»
Les vidéos diffusées dans Vivre sa foi ont été écoutées à plusieurs reprises. «Nous les étudions afin de comprendre à partir de quel angle les auteurs les ont réalisées et nous nous cherchons une autre vidéo qui traite du même sujet, mais avec un angle différent».
Chemins audacieux
Le site est structuré autour de quatre verbes : prier, se ressourcer, explorer, s’engager. Chaque thématique invite les visiteurs à sillonner des sentiers connus, mais aussi des chemins nouveaux, voire audacieux.
Ainsi, dans la section Prier, les concepteurs du site proposent aux lecteurs, outre les versions plus traditionnelles du Notre Père, la version de la théologienne protestante Marion Muller Collard ou encore celle, plus féministe, de Miriam Therese Winter, religieuse catholique américaine et professeure de théologie à l’université de Hartford :
«Notre Mère qui est en nous, nous célébrons tes nombreux noms, Ta sagesse vient, Ta volonté sera faite, Se déployant des profondeurs de nos êtres […].»
Dans la même section, l’OCQ invite les lecteurs à découvrir la prière avec des figures catholiques plus ou moins connues du grand public, telles saint François d’Assise et Madeleine Delbrel pour ensuite nous proposer une prière attribuée à l’auteur du Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry.
Afin de faire prendre conscience aux visiteurs que la prière n’est pas une pratique ringarde, le site propose d’associer des citations sur leur manière d’entrer en contact avec Dieu à des personnages publics. Surprises assurées!
Les concepteurs du site poussent un peu plus les frontières habituelles de la prière en proposant de s’inspirer des arts visuels, de la musique et des chants religieux et populaires. Le site de Magdalie Nadeau, artiste et théologienne, est proposé afin d’apprendre à prier à partir d’œuvres d’art. Il faut dire que la beauté de ses réalisations artistiques et la poésie de ses textes incitent spontanément à la prière.
La prière au Gatorade
Vivre sa foi aborde aussi des questions plus profondes, voire déstabilisantes comme celle de la mort avec la vidéo Au crépuscule des arbres : réflexions sur la mort du réalisateur Adrien Danielou. Produite par l’OCQ, elle donne la parole à trois personnes qui s’expriment sur leur perception du dernier passage.
Dans la vidéo Au-delà de l’épreuve, produite par l’OCQ et réalisée par François Dubé, Louis-Philippe Gingras, auteur-compositeur-interprète, se confie sur sa maladie mentale. Vivant avec le trouble bipolaire, ce non-croyant parle de ses amis croyants à qui il leur envie la capacité de prier. Un matin où il était très souffrant, il compose néanmoins une prière… à sa bouteille de Gatorade qu’il était en train de boire :
«Gatorade, j’veux qu’tu m’aides. Y a du monde dans ma tête. Gatorade, met du fluo dans ma vie. Gatorade, j’veux qu’tu m’aides, j’ai l’cerveau multipolaire […].»
Selon la théologienne Elaine Champagne, cette prière rejoint celles que nous retrouvons dans la Bible.
«Une manière de parler de la souffrance, d’arriver à trouver des mots pour dire la souffrance, c’est souvent par des symboles, par des images : « Comme une biche altérée, je te cherche ». Dans la Bible, Dieu est comme une source dans le désert. Dieu est quelqu’un que l’on boit, tellement on le désire. C’est magnifique!», explique Elaine Champagne, professeure titulaire en spiritualités et théologie spirituelle à l’Université Laval, qui agit comme personne-ressource dans cette production audiovisuelle.
Dans la dernière section intitulée S’engager, une vidéo nous entraîne au Salon écolo qui se tient chaque année à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Initié par des croyants interpellés par l’encyclique Laudato si’, ils invitent les citoyens, depuis dix ans, à se sensibiliser à l’écologie. Des kiosques et des conférences sont proposés dans l’église et dans certains lieux de la municipalité.
Le site Vivre sa foi sera régulièrement mis à jour. «Nous avons l’intention de publier quelque chose de nouveau dans chacune des sections chaque mois. Ce ne sont pas les idées qui manquent», lance Sophie Tremblay qui est également théologienne.
















































