Le ministère de la Culture et des Communications (MCC) suspend les programmes d’aide financière en restauration et en requalification du patrimoine religieux. Cette décision inquiète au plus haut point le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) qui, depuis 30 ans, gère ces programmes au nom du gouvernement.
Une telle décision «laisse en plan des dizaines de chantiers et elle fragilise l’accompagnement d’une centaine de municipalités et d’organismes locaux qui veulent donner une nouvelle vie à leur église», déplore le CPRQ qui demande au gouvernement de se prononcer rapidement sur l’avenir de ces deux programmes d’aide financière.
En août 2024, le MCC a annoncé qu’il versait une somme totale de 25 M$ à 86 projets de restauration et de requalification du patrimoine religieux québécois, des projets analysés, recommandés et supervisés par le CPRQ.
Mais cette année, il n’y aura pas d’annonces de nouvelles subventions au mois d’août, prévient le MCC.
Par courriel, le MCC révèle à l’agence Présence que les programmes de subventions pour la restauration et la requalification des lieux de culte «sont venus à échéance le 31 mars 2025» et qu’ils n’ont pas été reconduits, «le temps que la réflexion en cours soit complétée».
«Le patrimoine immobilier fait partie du paysage culturel québécois et constitue un bien collectif d’une grande richesse, mais je souhaite d’abord que l’approche globale de gestion en patrimoine religieux soit revue et améliorée», a indiqué plus tôt cette semaine le ministre Mathieu Lacombe.
Pour le ministre, «la stratégie actuelle n’est plus viable puisque les demandes dépassent largement la capacité d’investissement» du gouvernement québécois. Il assure toutefois que son ministère pourra offrir «un accompagnement pour les situations qui nécessitent des interventions urgentes». Ces subventions seront accordées «sous réserve d’une approbation gouvernementale».
Le mardi 17 juin, le ministre Lacombe a annoncé par communiqué la tenue d’un «chantier pour moderniser l’approche de gestion du patrimoine religieux». Ce travail de réflexion qui, promet-il, serait amorcé prochainement, va permettre «une actualisation de l’approche de gestion du patrimoine religieux au Québec».
«L’objectif de ce chantier, ajoute le ministre, est d’accroître la prévisibilité des interventions de manière générale, d’adapter les critères de soutien aux projets en fonction de l’évolution de la situation et de repenser la collaboration des différents partenaires.
Invité à préciser les orientations financières de ses programmes envers le patrimoine religieux, le MCC dit réfléchir actuellement «aux meilleures solutions pour ses interventions , en fonction des nombreux enjeux que rencontre ce type de patrimoine et du contexte budgétaire».
Il ajoute que «les pistes de réflexion pourraient inclure des mesures pour optimiser l’utilisation des fonds publics». Pour le ministère, il ne fait aucun doute que «le statu quo n’est pas une option».
«Dans le contexte où la transformation des lieux de culte s’accélère», ajoute le ministre, une démarche de réflexion lui apparaît «incontournable».
Soulignons que le communiqué du MCC annonçant l’amorce prochaine de ce chantier sur le patrimoine religieux ne mentionne aucunement la suspension des programmes de restauration et de requalification. C’est le CPRQ qui a révélé cette suspension peu de temps après l’annonce ministérielle.
«Le patrimoine religieux québécois est bien plus qu’un simple vestige du passé», a aussitôt réagi Caroline Tanguay, présidente du CPRQ. «Ce patrimoine fait partie intégrante de l’histoire, de la culture et de l’identité collective du Québec.»
«Bien qu’il traverse une période de transition, avec une diminution de son rôle religieux traditionnel, il reste un élément central de la mémoire collective et de l’esthétique du territoire. Sa requalification représente un levier important de développement durable, social et économique des collectivités locales.»
Élection du nouveau primat anglican
L’Église anglicane du Canada élira son nouveau primat au terme de son 44e synode général qui se tiendra du 23 au 29 juin à London, en Ontario.
L’Église anglicane du Canada est actuellement dirigée par l’archevêque Anne Germond qui a remplacé à titre intérimaire la primat Linda Nicholls, le 15 septembre 2024, lorsqu’elle a atteint l’âge de 70 ans. Les règlements de cette Église exigent que tout évêque ou archevêque, y compris le primat, se retire de ses fonctions au moment de son 70e anniversaire.
L’élection du nouveau primat se déroulera le jeudi 26 juin en la cathédrale Saint-Paul, l’église principale du diocèse anglican de Huron.
Tenu les trois ans, le synode général est une réunion nationale des évêques, de membres du clergé et de laïcs de l’Église anglicane du Canada. Quelque 240 délégués de partout au Canada y sont attendus cette année.
Quatre noms d’évêques seront inscrits sur les bulletins de vote électroniques qui seront remis aux délégués. L’archevêque national autochtone Christopher Harper, l’archevêque de Calgary Gregory Kerr-Wilson, l’évêque de Caledonia David Lehmann et l’évêque suffragante Riscylla Walsh-Shaw (diocèse de Toronto) sont en lice afin de devenir le 15e primat de cette Église chrétienne, la troisième en importance au Canada.
Série télévisée Le dernier des monstres
Depuis le jeudi 5 juin, les abonnés d’illico+ ont accès aux six épisodes de la série Le dernier des monstres, une fiction qui cible une secte dite catho-orthodoxe, les Apôtres du secret divin.
Dans cette série policière, les sergents-détectives David Savard (interprété par Luc Picard) et Maya Merida (Ariane Castellanos) doivent élucider un triple meurtre. Sur les corps des victimes, les policiers ont découvert d’énigmatiques symboles religieux. C’est ainsi qu’ils font appel au jeune théologien Thomas Germain-Leclerc (Benoit Drouin-Germain) afin de faire progresser leur enquête.
Maxime Landry, l’auteur de cette série, a demandé au spécialiste des religions Alain Pronkin (auteur des livres Qui succédera au pape François? et Le plus grand secret du Vatican) d’agir comme expert lors de tournages. Alain Pronkin est un collaborateur régulier de l’agence de presse Présence.
















































