La religieuse française Marie Ferréol devra encore patienter. Celle qui a été exclue de sa congrégation sur ordre du cardinal Marc Ouellet espérait que ce mercredi 29 novembre, un juge décide enfin si elle a droit à des indemnités « pour les fautes » commises envers elle ainsi que « le préjudice matériel et moral qu’elle a subi ».
Mais le tribunal judiciaire de Lorient vient de reporter l’affaire au 6 mars 2024 en raison « d’une difficulté de procédure liée à l’absence du cardinal Marc Ouellet » à l’audience à laquelle il avait pourtant été assigné, indique l’avocate Adeline Le Gouvello.
En reportant sa décision, le juge « purge tout éventuel problème de pure procédure lié au fait que l’un des défenseurs réside à l’étranger et qu’il n’a pas constitué avocat », ajoute l’avocate de la religieuse.
Rappelons que le 4 octobre 2023, le tribunal de Lorient a entendu les avocats de la religieuse et de la congrégation où elle a vécu ces 34 dernières années. Le cardinal Ouellet n’a pas pris part à l’audience, ce qui est son droit, mais il n’était même pas représenté par un avocat.
Me Le Gouvello confirme que l’organisme chargé de délivrer les assignations à comparaître a bien remis l’acte mais, « en dépit des relances de l’huissier français », les détails de sa transmission n’ont pas été obtenus par les parties. En reportant de six mois sa décision, le juge s’assure que la réception ou non de l’assignation « ne puisse servir d’argument dans le cadre d’un éventuel appel. »
Déception
« La déception de sœur Marie Ferréol est importante », confie Me Le Gouvello. « Sa patience est de nouveau soumise à rude épreuve » en raison de ce délai, ajoute-t-elle. Elle dit que la situation personnelle de la religieuse est toujours précaire. Si l’audience d’octobre avait été tenue seulement quelques semaines après qu’elle ait déposé sa requête contre sa congrégation et contre le cardinal Ouellet, rappelle-t-elle aussi, c’est que la justice française avait reconnu « l’urgence de sa situation ».
Selon l’avocate, « ni les artisans de son renvoi ni sa communauté ne se sont préoccupés de savoir comment elle pourrait vivre ».
« Cette dureté s’inscrit dans le prolongement de la décision de renvoi qui n’avait laissé aucune place à la discussion, la défense, la clarté, la vérité. »
Le 6 mars, il y aura donc une nouvelle audience et ce sera « la fin des débats ». Un jugement sera ensuite rendu.
Renvoyée de sa communauté en octobre 2020 pour « mauvais esprit » par le cardinal Ouellet (d’abord pour une période de trois ans puis indéfiniment), la religieuse Marie Ferréol, de la congrégation des Dominicaines du Saint-Esprit, « n’a jamais su les faits dont elle aurait été coupable, en dépit de ses demandes répétées ».
Voir aussi
Le cardinal Marc Ouellet poursuivi par une religieuse française – 9 août 2023















































