Le Collège universitaire dominicain d’Ottawa et l’Institut de pastorale des Dominicains de Montréal, deux institutions d’enseignement universitaire liées à l’Ordre des Frères prêcheurs du Canada (les Dominicains) annoncent qu’ils cessent leurs activités. Déjà, en avril, les quinze professeurs de théologie et de philosophie à l’emploi de ces deux collèges universitaires ont été mis à pied.
L’annonce de cette fermeture a été insérée dans le site Web du Collège universitaire dominicain (CUD). Il s’agit de la seule information qu’affiche dorénavant ce site qui présentait autrefois l’ensemble des programmes d’études offerts par le CUD, une institution fondée en 1900.
« Après plus de 120 ans d’existence, conscients de leur renommée d’excellence académique, qui a marqué tant la société québécoise que franco-ontarienne, le Collège universitaire dominicain et son Institut de pastorale de Montréal mettront fin dans les prochains mois à leurs programmes de formation en théologie, théologie pastorale et philosophie menant à des diplômes », explique-t-on.
Le communiqué, qui n’est pas signé, constate que, depuis quelques années, les étudiants qui s’intéressent aux questions théologiques ou philosophiques « ne recherchent pas pour autant une formation menant à l’un des diplômes que nous offrons ».
Ils recherchent plutôt « d’autres types de formation, plus ponctuelles, plus courtes, plus allégées, et plus spécifiques, répondant mieux à leurs interrogations », estiment les responsables du CUD. « Ils s’inscrivent plutôt à nos cours par intérêt personnel, », en tant qu’étudiants libres.
Répondre aux besoins
En entrevue téléphonique, le dominicain Luc Chartrand, secrétaire général du CUD, reconnaît que « nous n’avions plus le nombre adéquat d’étudiants pour poursuivre une démarche universitaire ».
Il note même que certains cours n’accueillaient plus que trois ou quatre étudiants. « Ça devient difficile, dans de telles conditions, d’assurer une démarche pédagogique ». C’est ce constat qui aura été « déterminant » dans la décision de cesser les activités.
« Bien sûr, s’il n’y a pas d’étudiants, il n’y a pas non plus de frais de scolarité » qui sont perçus par l’institution. Ce manque entraînera forcément « des pertes financières importantes ». Mais cette considération apparaît moins importante aux yeux du secrétaire général que les objectifs pédagogiques auxquels veulent répondre les Dominicains.
« Le but du Collège universitaire dominicain a toujours été de répondre à des besoins », dit-il de cette institution fondée en 1900. Mais si l’institution est désertée, ses dirigeants sont forcés « de se demander si on répond toujours aux besoins » de la clientèle.
C’est la réponse à cette question, bien plus que la contrainte financière, qui a entraîné la décision de fermer définitivement les portes du CUD.
Nouveaux modèles de formation
« La tradition dominicaine a toujours été à l’avant-garde », ajoute toutefois le communiqué annonçant la fermeture. Les membres de l’ordre des Dominicains indiquent qu’ils ont l’intention de poursuivre leur recherche « de nouveaux modèles, en pensant autrement, en se réinventant pour s’adapter à un monde en constante transformation » .
D’ailleurs, expliquent-ils, des professeurs des deux institutions qui aujourd’hui cessent leurs activités « ont conçu et mis en place de nouveaux modèles de formation et d’intervention », comme le Collège Néo-Classique et le Centre dominicain d’éthique et de vie spirituelle (CDEVS), « sortes de laboratoires servant à explorer de nouvelles approches, tout en validant l’intérêt pour les contenus et les thèmes proposés ».
Cet été, par exemple, quatre formations virtuelles seront offertes, annonce la page Facebook du CUD. Ces formations, auxquelles les personnes inscrites accèdent via la plateforme Zoom, sont intitulées Le désir dans la vie spirituelle, Le Credo, un pivot de la liturgie et de la foi, L’animation pastorale en catéchèse et Jésus intervenant: regard sur ses attitudes.
Le frère Chartrand précise que les activités virtuelles proposées ces dernières années par les Dominicains connaissent une vive popularité.
« On doit constamment modifier notre licence Zoom afin de ne pas refuser des participants », confie-t-il. Des conférences et formations virtuelles accueillent jusqu’à 400, 500 et même 800 personnes. La chaîne YouTube du CDEVS est aussi fort bien fréquentée. À elle seule, une conférence d’une heure du dominicain
« Nous vivons une époque où nous cherchons une forme adéquate afin de répondre à des besoins. Notre mission, comme Dominicains, c’est d’être au service de la Parole », dit le secrétaire général du CUD.
« Ce qu’on veut trouver, c’est une approche qui va rejoindre les gens et qui sera au service de la Parole de Dieu », ajoute-t-il. « Nous sommes une communauté de chercheurs ».
Note
Mentionnons qu’au niveau structurel, l’Institut de pastorale des Dominicains (IPD) de Montréal est l’un des deux campus de la faculté de théologie du Collège universitaire dominicain. La direction et le personnel administratif de l’IPD ont occupé des bureaux à Montréal, au couvent Saint-Albert-le-Grand de la Côte-Sainte-Catherine, durant cinq décennies.
















































