À partir du 1er juillet 2028, l’Université Bishop’s mettra fin au département de Religion, Society and Culture. Cette décision, approuvée par le Sénat universitaire lors de sa dernière séance en octobre, met fin à une tradition académique qui a commencé lors de la création de l’établissement, initialement affilié à l’Église anglicane.
«Le département existait depuis la création de Bishop’s. Mais cette décision, bien que difficile, n’est pas une surprise. Elle était dans l’air depuis longtemps», explique Michelle Murray, professeure titulaire et ancienne doyenne, qui a consacré près de 25 ans à l’établissement.
Une fermeture annoncée par des départs et des chiffres en baisse

L’école a décidé de fermer ses portes en juillet 2028, après le départ progressif à la retraite de Michelle Murray. « J’ai signé pour une retraite progressive : trois cours cette année, puis deux cours par an jusqu’à mon départ définitif en juillet 2028 », précise-t-elle. Harvey White, son collègue, avait quitté l’école en 2020 sans être remplacé, laissant le département avec seulement deux professeurs.
Le constat est clair : «On ne peut pas avoir un département avec un seul professeur», souligne Murray. Daniel Miller, dernier membre du département, sera transféré au programme d’études classiques à la même date.
À cette réalité s’ajoute une baisse marquée des inscriptions. «En 2012-2013, nous comptions environ 35 étudiants en majeures, mineures et honneurs. Aujourd’hui, nous en avons neuf», indique Murray. Bien que certains cours soient très populaires, comme «Religion at the Movies» ou «Death and Dying», la plupart des étudiants ne s’inscrivent pas aux programmes complets.
Un contexte financier contraignant
La décision s’inscrit dans un contexte financier restreint, la professeure souligne que «la tarte des ressources est petite, et elles vont là où les besoins étudiants sont les plus grands». L’université a réduit le recours aux chargés de cours au profit des départements à forte demande. «Nous n’avons pas utilisé de professeur à temps partiel depuis plusieurs années», ajoute-t-elle.
Quel avenir pour les études religieuses à l’Université Bishop’s ?
Même si le programme est suspendu, Daniel Miller continuera d’offrir certains cours au sein des études classiques. «Il y aura peut-être une spécialisation en religion dans le programme de Classics, ou un changement de nom du département. Mais cela reste à décider», précise Murray.
D’autres départements, tels que la philosophie et les humanités, envisagent de continuer à aborder le thème du religieux. «Un collègue en philosophie m’a dit : nous allons essayer de garder une présence de religion, par exemple par la philosophie de la religion», rapporte-t-elle. Certains cours croisés devraient donc persister, mais la structure autonome disparaîtra.
Une perte pour la diversité universitaire
Selon Michelle Murray, la fermeture de ce département va bien au-delà d’une simple réorganisation. «C’est lourd à penser. Cela affecte une discipline que j’aime profondément», confie-t-elle. Elle insiste sur la pertinence des études religieuses : «Étudier les traditions religieuses, c’est observer des humains aux prises avec les plus grandes questions. C’est une démarche profondément humaine et fascinante».
Bien que nostalgique, l’enseignante adopte une approche pragmatique : «On ne peut pas inventer de l’énergie quand on ne l’a plus». Après avoir occupé le poste de doyenne pendant une décennie et enseigné depuis 1999, elle s’apprête paisiblement à entamer cette nouvelle étape.
La fermeture du département de Religion, Society and Culture met en évidence un défi commun à toutes les petites universités : trouver un équilibre entre les contraintes financières et la préservation de la diversité intellectuelle. À Bishop’s, un chapitre se termine, mais la question reste posée : comment continuer à étudier les religions dans un contexte interdisciplinaire ?
















































