Des milliers de manifestants ont occupé mercredi les rues de Montréal pour marquer leur opposition aux discours sur la théorie du genre dans les écoles. Une trentaine d’autres villes du pays ont vu des manifestations semblables apparaître dans leurs espaces publics, sous le slogan « leave our kids alone, laissez nos enfants tranquilles ».
Le rassemblement montréalais s’est organisé en face du bâtiment du Cabinet de François Legault. Après quelques heures sur place, le groupe a défilé jusqu’au square Cabot, aux intersections de la rue Sainte-Catherine Ouest et de l’avenue Atwater.
« Il faut laisser grandir les enfants, ils vont découvrir eux-mêmes ces choses-là en grandissant, mais personne ne doit être forcé de voir les choses d’une manière ou d’une autre », réagit Hussein, un Ivoirien d’origine libanaise arrivé dans la province il y a 15 ans. « Si je suis venu au Canada et spécialement au Québec, c’est [parce que] mes valeurs et libertés devaient y être respectées, [et] la loi était claire que ce sont les parents qui décident », a-t-il ajouté.
Une présence religieuse
Ayub Abdul Hakim a aidé à la tenue de la manifestation. Pour lui, l’éducation morale d’un enfant devrait revenir directement aux parents et « le gouvernement est un parent horrible ». De confession musulmane, il est très heureux de voir beaucoup de membres de sa communauté dans la rue. Ils représentaient effectivement, avec même quelques imams sur place, la majorité des manifestants présents dans la métropole.
« D’ajouter les idées LGBTQ+ au programme des écoles c’est comme si un parti islamique imposait la Sharia au Québec, tout le monde devrait avoir le droit de guider ses enfants comme il l’entend », affirme-t-il.
D’autres groupes religieux se sont aussi affichés en faveur de la manifestation. L’évêque catholique maronite du Canada, Paul-Marwan Tabet, a invité les fidèles à participer à l’événement dans une lettre envoyée vendredi aux membres de sa communauté. On y lit que les programmes scolaires ne devraient pas promouvoir « dans les écoles catholiques, un enseignement qui n’est pas pleinement conforme aux valeurs de nos familles chrétiennes et les enseignements de l’Église Catholique ».
Contre-manifestation
Rapidement, une contre-manifestation s’est organisée autour du rassemblement pour y condamner ces revendications. « Dieu est trans », peut-on lire sur l’affiche de Kriss, venu sur les lieux pour « protéger les enfants trans en amenant de l’amour à la manifestation pour créer un espace sécuritaire ». Interrogé au sujet de sa pancarte, Kriss explique que « pour moi Dieu est la conscience, fluide, en mouvement et en amour constant, ce sont aussi des caractéristiques de la transidentité ».
Un autre contre-manifestant, Gabriel Nadeau, confesse quant à lui avoir subi trois exorcismes au cours de sa vie à cause de son homosexualité. Ayant grandi dans une famille chrétienne, il a demandé lui-même à ses parents de l’exorciser à l’âge de 13 ans, car il pensait que rejeter sa sexualité était la seule option viable.
Après avoir répété l’expérience à 16 et 18 ans, recevant des prières de délivrance après deux jours de jeûne, il abandonne finalement sa foi. « Laisser nos enfants tranquilles, c’est aussi les aider à s’aimer comme ils sont », souligne-t-il, en réponse au slogan des manifestants.

















































