C’est avec joie que les évêques catholiques du Québec accueillent l’élection du nouveau pape Léon XIV. Ils saluent sa volonté de poursuivre l’œuvre synodale de François, pour une Église proche des pauvres et à laquelle participent tous ses fidèles. Les évêques soulignent également son caractère missionnaire.
Martin Laliberté, évêque du diocèse de Trois-Rivières et président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), est « content » de l’élection du pape Léon XIV. Le cardinal Robert Francis Prevost comptait parmi les candidats qui retenaient l’attention de Mgr Laliberté parce qu’il était missionnaire comme lui.
« Je viens d’une société missionnaire, j’ai été missionnaire en Amérique latine comme lui. Je suis d’Amérique du Nord et lui aussi est d’Amérique du Nord », dit Mgr Laliberté. Grâce à cette mission, Robert Francis Prevost s’est rapproché des plus démunis et a développé une meilleure compréhension des enjeux autochtones ainsi que des réalités sociales, observe celui qui est membre de la Société des Missions-Étrangères.
Il a été missionnaire laïc en Haïti avant de devenir prêtre missionnaire pendant près de dix ans en Amazonie brésilienne. Il profite de la désignation d’un pape missionnaire pour expliquer à Présence comment la mission a façonné son ministère.
« Ça m’a aidé à voir que l’Église a différents modèles dans différents pays à cause de différentes réalités. Alors, il faut être ouverts à trouver comment vivre l’Église dans le contexte qui est le nôtre », retient Mgr Laliberté, qui prône par-là l’ouverture à l’autre – une valeur chère au nouveau pape.
Homme du monde
Mgr Laliberté en veut pour preuve le rôle de supérieur général qu’a assumé Léon XIV au sein de l’Ordre de Saint-Augustin, une congrégation religieuse internationale. Ceci contribue à faire du pape « un homme du monde ». « Celui qu’on a élu ce n’est pas d’abord un Américain, c’est l’évêque de Rome, qui a un regard sur le monde entier et une ouverture », commente-t-il.
Il s’attend à ce que Léon XIV continue de promouvoir la paix, l’ouverture à l’autre, la synodalité et bien d’autres initiatives lancées par François.
Un pape aux solides atouts
Pour sa part, Mgr René Guay, évêque du diocèse de Chicoutimi, s’est dit surpris par la rapidité du conclave et par le choix du nouveau pape. « Mais je m’en réjouis grandement », a-t-il déclaré. En relisant la biographie de Léon XIV, il croit qu’il a tout ce qu’il faut pour « bien nous guider et guider l’Église universelle. »
À l’instar du pape, Mgr Guay a été missionnaire en Amérique latine, et cette expérience a eu un impact positif sur son ministère. De 1979 à 1993, il était un prêtre associé aux Missions Étrangères, et a servi au Chili durant la dictature de Pinochet. Il décrit sa mission comme « une très belle expérience » qui a changé sa vie. « Les pauvres d’Amérique latine m’ont fait prêtre », reconnaît-il.
Avant de quitter le Chili, il a remercié les communautés chrétiennes et les groupes sociaux de lui avoir permis de devenir le prêtre qu’il est aujourd’hui. « Vous avez modelé le prêtre que je suis, et je repars vraiment changé et disponible pour continuer à vivre ces belles expériences de proximité avec le peuple de Dieu et de lutte pour la justice sociale », se rappelle l’évêque de Chicoutimi.
Évoquant ses attentes vis-à-vis du souverain pontife, Mgr Guay rappelle que les papes qui ont précédé Léon XIV depuis 1960, dans la suite du concile Vatican II, ont travaillé à une Église qui s’est fait « davantage servante ».
Cette Église est, précise-t-il, proche des personnes et des communautés chrétiennes. Elle demeure « très sensible » aux problèmes humains et sociaux tels que la violence, le terrorisme, les guerres, les injustices, la crise climatique, etc. « Les papes sont très sensibles (à ces maux) et nous interpellent fortement, et nos communautés chrétiennes sont engagées dans ce mouvement-là », affirme l’évêque de Chicoutimi.
Un pape qui interpelle
Quant à Mgr Louis Corriveau, évêque de Joliette, il a été frappé par le choix du nom Léon XIV. Son attachement à la justice sociale, à l’image de Léon XIII, ne fait alors aucun doute. Selon l’évêque, son pontificat mettra l’être humain au cœur de ses actions.
Mgr Corriveau souhaite que le nouveau pape soit un rassembleur, « capable d’interpeller » aussi bien les hommes que les femmes. Il l’encourage à ne jamais renoncer à son rôle de leader pour la paix dans le monde.
D’ailleurs, « la grande médiatisation » de son élection amène l’évêque de Joliette à penser que beaucoup de gens prennent conscience de l’importance d’un pape dans notre monde actuel. « C’est l’impression que j’en ai », ajoute-t-il.
Le pape de la continuité
Mgr Guy Boulanger, évêque d’Amos et de Rouyn-Noranda, est à la fois très heureux et surpris de la provenance du nouveau pape. « C’est surprenant un peu parce qu’on ne s’y attendait pas », admet-il. Il estime toutefois qu’au vu de son expérience de vie, de sa sensibilité à l’égard des plus pauvres et de son lien avec le pape François, « on sent qu’il va être capable d’assumer une certaine continuité qu’on espérait tout en ayant son apport, son expérience à lui et les formations qui sont les siennes. »
Mgr Boulanger avance qu’il est primordial de préserver l’unité de l’Église et de montrer comment le message de l’Évangile est « porteur » pour transformer le monde. Il prévoit lui aussi que le pontificat de Léon XIV aura un caractère social, vu le nom qu’il a pris.
Un pape pasteur
Mgr Pierre Goudreault, évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, est aussi heureux de cette élection. Il est reconnaissant aux cardinaux électeurs qui semblent, selon lui, avoir fait « un très bon choix », guidés par l’Esprit saint.
Comme le nom du cardinal Prevost avait peu circulé dans les médias parmi les papabili, il estime que son élection témoigne de la liberté intérieure dont ont fait preuve les cardinaux électeurs dans leur choix.
Il a eu l’occasion de le rencontrer à Rome et en a gardé une très bonne impression. « Je me rappelle, après la rencontre que j’avais eue avec lui, comme préfet du dicastère des Évêques, d’avoir été très inspiré par ses aptitudes comme pasteur. On sent que c’est un homme d’accueil, d’écoute, et je dirais d’humilité », témoigne Mgr Goudreault.
Il reste convaincu que son expérience de terrain, notamment au Pérou, l’aidera grandement durant son pontificat, et se réjouit de la portée du nom de Léon XIV, dans la lignée de Léon XIII, à qui on doit les premiers textes de l’enseignement social de l’Église.
Le vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada nourrit toutefois certaines attentes à l’égard du pape. « Je souhaite de tout cœur qu’il soit d’abord ce pasteur qui puisse nous réunir, un agent de communion à l’intérieur de l’Église catholique, et entre les Églises chrétiennes », suggère Pierre Goudreault. Il entend également le voir comme un artisan de paix et de communion pour l’humanité, à travers son message et sa présence.
Homme de synthèse
Mgr Alain Faubert, évêque du diocèse de Valleyfield, exprime également sa joie pour ce pape de paix et d’écoute. « On voit que c’est quelqu’un qui va se situer dans la continuité de l’élan apporté par le pape François », a-t-il indiqué.
Il espère que le souverain pontife va préserver non seulement l’unité, mais aussi « les légitimes diversités dans l’Église. »
En outre, il le perçoit comme « un homme de synthèse ». « Je le regardais avec les vêtements que les papes, lors de leur élection, à l’exception de François, ont toujours portés », a remarqué Mgr Faubert. En même temps, son message faisait écho à la mémoire de François et à ses discours empreints de paix, de dialogue, de marche ensemble, d’écoute, de rencontre et de synodalité.
Enfin, Mgr Faubert espère que le pape « va y aller avec ce qu’il est, et nous, on va se situer dans la communion du premier pasteur de l’Église. »
















































