Ne dites pas à Guy Perkins d’attendre la vie après la mort. L’auteur du livre sous-titré Comment j’ai fait une croix sur la religion vous répondra qu’il croit en la vie avant la mort et va désapprouver sans réserve les religions.
Les chimpanzés rêvent-ils d’un paradis des bananes? Comment j’ai fait une croix sur la religion. C’est le titre de l’ouvrage dans lequel Guy Perkins, qui était catholique pratiquant, raconte comment il a rejeté sa religion et expérimenté des courants spirituels pour finalement aboutir à « un athéisme totalement assumé. »
L’auteur est né en 1965 d’une famille catholique pratiquante. À l’époque, le Québec vivait l’ère des reformes et de la modernisation des structures étatiques avec la Révolution tranquille. C’était après la Grande Noirceur où, souligne M. Perkins, le clergé avait « beaucoup d’hégémonie sur la population », en même temps qu’il avait une « très grande proximité avec le pouvoir politique. »
L’homme était partagé entre ces deux périodes. Jeune, ses parents lui imposaient d’aller à l’église alors que la démocratisation de l’éducation lui faisait voir d’autres réalités. C’est à partir de ce moment-là que les interrogations ont surgi dans la tête de M. Perkins « parce qu’on m’avait fait grandir et endoctriné dans un environnement religieux avec le catholicisme. »
Apostasie
L’auteur dénonce le sentiment de culpabilité et la peur que créerait, selon lui, le catholicisme prétextant « qu’on faisait de mauvais gestes, qu’on faisait de la peine au bon Dieu. »
En grandissant, celui qui est présentement directeur de développement des affaires pour une entreprise de production audiovisuelle, et qui est beaucoup attiré par la science, affirme avoir trouvé les réponses à ses questions.
« Il y avait cette crainte qui était instaurée et malgré nous on suivait ça de façon inconsciente. Ce sentiment de culpabilité était créé pour maintenir les gens, les brebis dans les rangs tout simplement », avance l’écrivain.
Il a alors demandé au diocèse de Québec, ville où il a été baptisé, de supprimer son nom de l’Église catholique.
« J’ai fait mon apostasie de l’Église catholique que j’ai complétée il y a environ une dizaine d’années. Je voulais être en accord avec mes valeurs personnelles et me séparer totalement de l’Église », explique-t-il à Présence au Salon du livre de Montréal.
Religion et morale
Par ailleurs, dans son livre, Guy Perkins remet en cause le lien entre la religion, l’éthique et la morale. Il réitère que ces valeurs sont inhérentes à l’espèce et se retrouvent chez les primates, donc on n’a pas besoin d’une religion pour les avoir.
Le phénomène d’empathie et de collaboration s’inscrit alors dans notre code génétique, pour des instincts de survie.
« Quand on observe nos cousins chimpanzés avec qui on partage 98% du code génétique, ces comportements sont déjà là et pourtant, ils n’ont pas besoin de religion », affirme Guy Perkins, qui présente son livre comme le résultat de 30 années de démarches, de recherches et de lectures scientifiques.

















































