Onze jours avant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Postes Canada vient de dévoiler les motifs de trois timbres, réalisés par autant d’artistes, « qui reflètent l’histoire des pensionnats et les séquelles qu’ils ont laissées ».
Un de ces tableaux est l’œuvre de l’artiste afro-autochtone Robert Burke qui a vécu pendant près d’une décennie au pensionnat St. Joseph’s de Fort Resolution. Ce pensionnat dans les Territoires du Nord-Ouest était dirigé par l’Église catholique.
Né à Fort Smith dans les Territoires du Nord-Ouest d’un père soldat afro-américain et d’une mère métisse originaire de la région, Robert Burke a été envoyé au pensionnat St. Joseph’s à l’âge de 4 ans. « Cette époque, où il est loin de la maison et sa famille, est malheureuse », décrit sobrement Postes Canada.
« Robert Burke s’inscrit à l’école d’art dans la cinquantaine, après une longue carrière comme conducteur de machinerie lourde et mécanicien dans le domaine de la foresterie », ajoute-t-on. C’est durant sa troisième année de formation qu’il « adopte un style reflétant ses histoires et expériences personnelles ».
Sur la peinture de l’artiste qui orne ce timbre, on reconnaît en arrière-plan, le pensionnat où il est allé. Au centre, trois femmes qui semblent porter un costume religieux. À l’avant-plan, on distingue une religieuse qui n’a pas la même tenue que les trois autres femmes, ainsi qu’un prêtre portant une soutane noire.
Le col clérical que porte ce dernier permet de penser que c’est plutôt un pasteur protestant ou anglican que Robert Burke a voulu illustrer, alors que des prêtres catholiques étaient présents au pensionnat qu’il a fréquenté. (Le col romain que des prêtres portent encore aujourd’hui est partiellement caché par le col de leur soutane ou de leur chemise.)

Deux autres timbres
Postes Canada a dévoilé aujourd’hui les motifs de deux autres timbres.
Celui qui montre une poupée est l’œuvre d’Helen Iguptak. Enlevée à sa famille à l’âge de sept ans, elle ira au pensionnat catholique de Turquetil Hall à Chesterfield Inlet. C’est là qu’elle fabrique ses premières poupées, « ces « petites amies » qui la réconfortent et l’aident à préserver sa culture », mentionne l’autorité postale canadienne.
Les illustrations du troisième timbre sont de l’artiste Adrian Stimson, membre de la nation des Siksika de la Confédération des Pieds-Noirs en Alberta. « Il a fréquenté trois pensionnats dans sa jeunesse et s’inspire largement de ces expériences dans son œuvre, qui aborde le génocide, le deuil et la résilience », indique Postes Canada.
Les trois timbres seront en vente dès le vendredi 27 septembre en vue de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation du lundi 30 septembre.
















































