Si les activités du Centre justice et Foi (CJF) et de la revue Relations sont relancées en 2025, ce sera sans son personnel.
Les employés qui ont été mis à pied temporairement en mars 2024 ont tous et toutes paraphé récemment des ententes individuelles et confidentielles « ayant pour conséquence de mettre fin à leur lien d’emploi », révèle une lettre collective que Présence a obtenue.
Et c’est parce qu’ils ont « perdu confiance dans le conseil d’administration [du CJF] et dans les jésuites en autorité » afin de relancer cette institution et cette revue, pour lesquelles « ils ont donné le meilleur de leurs compétences » durant un grand nombre d’années, que ces employés ont agi ainsi.
« Il n’y a plus d’équipe. Toute l’expertise au cœur de la renommée de Relations et du CJF des dernières années est perdue », se désolent les dix signataires de cette lettre collective qui sera bientôt publiée dans le site Web du Comité de soutien des employé-es mis à pied du Centre justice et foi.
« S’il y a une relance un jour, ce sera sans [cette équipe] », écrivent notamment Élisabeth Garant, directrice générale du CJF de 2007 à 2022, Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef de Relations de 2005 à 2019, ainsi que la théologienne Denise Couture, membre du comité de rédaction de la revue.
La lettre collective révèle aussi que ce n’est qu’en novembre 2024, il y a moins de trois semaines, que les responsables du CJF ont « finalement » convoqué les employés mis à pied, les chercheurs associés du CJF, les membres du comité de rédaction de Relations et ceux du comité d’orientation du secteur Vivre ensemble, des personnes « qui demandaient pourtant à être entendues depuis des mois ».
Lors de ces rencontres, tenues « seulement après » que le lien d’emploi avec le personnel mis à pied soit officiellement rompu, il a été confirmé que « nous ne faisions pas partie de l’avenir, que le comité de rédaction de Relations serait aboli, de même que le secteur Vivre ensemble ».
« Le conseil d’administration du CJF et les Jésuites du Canada dévoileront leur plan quand bon leur semblera », concèdent les signataires qui se disent toutefois convaincus que ce plan de relance « ne respecte pas la mission de la revue Relations et du CJF. »
« Nous avons insisté sur la nécessité qu’ils prennent leur temps et relancent éventuellement ce qu’ils veulent, mais en ayant la décence de ne plus utiliser les noms de Centre justice et foi et de revue Relations pour leur nouveau projet. »
Les dix signataires concluent leur lettre en écrivant que « l’injustice causée au CJF, à Relations et au personnel forme un lit de cendres sur lequel il n’est tout simplement plus possible de rebâtir un projet ayant la justice sociale, le discernement, la pensée critique, l’ouverture à l’Autre et une spiritualité engagée au cœur de sa mission ».
Voir aussi
Lettre collective, L’avenir du Centre justice et foi: entre tristesse et sentiment de gâchis, 12 décembre 2024.
Présence, EXCLUSIF – Centre justice et foi: pas de reprise avant 2025, 20 septembre 2024.
Présence, EXCLUSIF – Le Centre justice et foi suspend ses activités, 21 mars 2024.















































