Les noms de plus de 800 universitaires, syndicalistes, auteurs, membres de communautés religieuses ou encore de fidèles lecteurs ou lectrices de la revue Relations s’affichent au bas d’une déclaration de solidarité mise en ligne il y a moins d’une semaine.
Cette déclaration publique déplore « la suspension abrupte de toutes les activités du Centre justice et foi (CJF) et la mise à pied cavalière de son personnel, sans justification valable ». Ces employés n’ont obtenu que « deux jours d’avis », s’indigne-t-on.
« Cette mise à pied consternante, même si elle se révélait temporaire, heurte de front les principes de justice sociale et l’esprit de concertation et de solidarité du CJF », estiment les signataires. « La confiance de nombreux partenaires en la stabilité du Centre et de Relations depuis des décennies est ébranlée. »
Relations en danger
Ils s’inquiètent aussi devant « l’interruption abrupte, même temporaire, de la production et de la commercialisation de la revue Relations ». Cette suspension – jusqu’en septembre, pas davantage, espère le conseil d’administration du CJF – ne peut que lui nuire et la mettre « gravement en danger ».
Les signataires rappellent d’ailleurs que la publication de cette revue « n’avait jamais été interrompue » en 83 ans d’existence. Son 824e numéro est paru quelques jours à peine avant l’annonce de sa suspension temporaire.

« Les jésuites progressistes qui l’ont fondée y verraient sans doute un sacrilège, commis de surcroît dans l’improvisation la plus totale, l’opacité et l’ignorance des exigences de sa production et de sa commercialisation », estiment les signataires parmi lesquels on trouve d’anciens rédacteurs ou éditeurs de cette revue, dont la toute première édition remonte à janvier 1941. C’est alors l’École sociale populaire, une œuvre jésuite, qui la publie.
Les signataires reconnaissent que le Centre justice et foi doit affronter « des difficultés et des défis exigeants ». Mais ces embûches, que rencontrent d’ailleurs bien d’autres organismes, ne peuvent « justifier une suspension des activités et des mises à pied faites de manière si abrupte et si lourde de conséquences ».
Recherche de solutions
Invité à commenter cette déclaration d’appui au personnel récemment mis à pied, le jésuite Peter Bisson indique que les membres du conseil d’administration se disent « touchés par l’élan de solidarité envers le Centre justice et foi depuis l’annonce de la suspension des activités ».
« Nous avons tous à cœur la survie du CJF », ajoute le vice-président de son conseil d’administration.
« C’est pourquoi nous travaillons d’arrache-pied pour trouver des solutions viables qui permettront au Centre de reprendre ses activités avec encore plus de force. L’essentiel est de soutenir la vision durable de l’organisme et nous nous sommes engagés à naviguer dans cette direction. »
Enfin, le père Bisson explique que « le processus suit son cours sous la supervision de la directrice générale et du conseil d’administration ». Il confirme ainsi le retour de la directrice générale Isabelle Lemelin, en arrêt de travail au moment de l’annonce de la suspension temporaire des activités du CJF.
Voir aussi
Présence, EXCLUSIF – Le Centre justice et foi suspend ses activités, 21 mars 2024.
Présence, « Une décision insensée », dit une ex-directrice générale, 22 mars 2024.
Présence, Centre justice et foi: réactions des évêques et des congrégations, 25 mars 2024.















































